Sergueï Lavrov au Forum d’Antalya


• Intervenant, le 18 avril 2026, devant le Forum diplomatique d’Antalya (Türkiye), Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré à propos de la sécurité européenne : « Une nouvelle conception fait l’objet de larges discussions. Les Américains voudraient, dit-on, se libérer du fardeau du financement de la sécurité européenne, puis s’entendre sur certains points avec la Russie et se consacrer entièrement à une confrontation à long terme avec la République populaire de Chine. À la place, on propose de créer un bloc qui inclurait l’Union européenne, la Turquie, la Grande-Bretagne et l’Ukraine.

Et VolodymyrZelensky a rapidement repris cette idée, affirmant que l’armée ukrainienne serait le noyau, le cœur et la garantie du succès de tout ce bloc, grâce à son expérience et à sa connaissance de ce qu’il faut faire aujourd’hui sur le champ de bataille, avec ses opérateurs de drones et d’autres types d’armements. Il suffirait que les pays de l’OTAN financent une armée ukrainienne de 800 000 hommes. D’ailleurs, le chef de son bureau, le célèbre terroriste Kirill Boudanov, a aussitôt déclaré dans une interview que l’Ukraine ne possédait rien à elle, qu’elle se battait avec ce qu’on lui donnait. Un chef de bloc bien particulier, on l’admettra. »

• À propos des « règles » occidentales, il a déclaré : « Qu’est-ce qu’un “ordre fondé sur des règles” ? Nous voulions en comprendre le sens. Pourquoi, par exemple, dans le cas du Kosovo, le principe d’autodétermination des peuples a-t-il été retenu comme “règle”, alors qu’il n’y a eu aucun référendum et qu’aucun observateur n’y était présent ? Et quelques années plus tard, dans le cas de la Crimée, lorsque la Crimée a refusé d’accepter le régime illégalement installé au pouvoir, régime qui s’était emparé du pouvoir au mépris des garanties données par l’Allemagne, la France et la Pologne, c’est-à-dire des garanties de l’Union européenne, lorsque la Crimée en réponse a refusé de vivre sous la coupe de ces putschistes illégitimes et a organisé son référendum, alors l’Occident a décidé que le droit à l’autodétermination était inacceptable. Ici, disait-on, il fallait respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Pourquoi ? Parce que, disait-on, telle était la “règle”. Chez nous, on dit : la loi est comme un timon, on la tourne dans le sens qu’on veut. C’est selon cette “règle” qu’ils vivent. »

« En ce qui concerne les décisions de l’ONU relatives à l’État palestinien, il n’y a aucune différence entre les normes du droit international, qui exigent la création d’un tel État, et les règles que l’Occident applique. Quand cela l’arrange, c’est fait d’une manière, quand cela ne l’arrange pas, c’est fait de manière opposée. Le “monde fondé sur des règles” est synonyme des mots “hégémonie” et “empire universel”. »

• À propos d’Israël et de la Palestine, il a déclaré : « Plus personne ne parle de la Cisjordanie. Personne ne dit que les autorités d’Israël déclarent ouvertement qu’il n’y aura jamais d’État palestinien. Et tous les autres, soyons honnêtes, répètent comme une incantation que la seule voie juste pour résoudre tous les problèmes du Moyen-Orient est la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967. Or le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dit qu’il n’y aura aucun État palestinien. »

Cet article est extrait du numéro 173 de « Voltaire, actualité internationale ». Le monde change vite. Abonnez-vous à notre lettre confidentielle hebdomadaire ; une source exceptionnelle d’information sur la transition vers un monde multipolaire.



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