Dans l’onde grise et gémissante
Du Gange noir où va périr
La seule flamme frémissante
Qui persiste à me retenir
J’avance au bord et me lamente
Au goût amer d’un souvenir
Qui vient à moi la voix pesante
Me regardant sans rien à dire
Sur les marches de pierre impure
Plongées dans le fleuve souillé
Chargé de tant de pourritures
L’Inde prie de ses yeux mouillés
Espérant que leur vœu assure
Le salut d’une âme brouillée
Ils ouissent du Ciel un murmure
Mais c’est la chair écrabouillée
J’avance dans la boue fatale
Si constellée de fleurs sauvages
Et s’ouvre le gouffre oriental
Où quelques cadavres surnagent
Retour à la vision natale
Au bout d’un éprouvant passage
Dans les pièces d’un tribunal
Où se heurtèrent toutes mes rages
Plus d’horizon dans la nuit lente
Où retombent à n’en plus finir
Des gerbes rouges et vibrantes
D’espoirs brisés à en mourir
J’avance encore et me tourmente
Plus rien ne luit au trouble empire
Houle pleurante et ruisselante
De leur impossible martyre
Des processions vont jusqu’à l’aube
suivre une cadence hébétée
Où de frêles lambeaux de robes
Semblent tracer quelques beautés
Plus rien ne tient ni se dérobe
Dans ces flots sombres embêtés
Par un déluge de microbes
Où le temps semble s’arrêter
Mes vieux rêves s’écroulent en chœur
Tout se détache et se consume
Sous la voûte que rien n’écœure
Aux étoiles sans amertume
Enfin la reddition des cœurs
Que le fleuve sacré inhume
Jusqu’à la dernière rancœur
Engloutie toute sous l’écume
Pauvres passions adolescentes
Coulant dans l’océan du pire
Disparaissant dans l’eau puante
Nuée de couleurs qui résonnent
Parmi des lueurs égarées
Où quelques âmes s’abandonnent
Aucun ange ne semble voir
Cette détresse et leurs offrandes
Issues d’une si longue histoire
Mes pas errants n’ont plus d’attente
Les serpents continuent de nuire
Leurs esclaves dans la nuit chantent
———————————————
Commander le dernier roman de Lotfi Hadjiat ici :
———————————————
http://leblogdelotfihadjiat.unblog.fr
Nouveau compte Twitter X :
————————
