En 1984, La Cité, association culturelle du comité d’entreprise de Peugeot, charge l’écrivain Jean-Paul Goux de rédiger un livre sur le pays de Montbéliard. « Mémoires de l’Enclave », qui paraît deux ans plus tard, dépasse et déjoue les attentes des commanditaires. « Parti pour écrire un roman », l’auteur a finalement choisi de mêler, dans un savant montage, autofiction, aperçus historiques, descriptions de lieux, portraits, réflexions et rêveries personnelles, entretiens, analyses sociologiques, documents d’archives… Variant ainsi les manières et les matières, il explore un territoire comtois structuré, depuis le XIXe siècle, par l’industrie, le paternalisme et la domination sans partage des puissantes familles Japy et Peugeot. Refusant l’héroïsation autant que le misérabilisme, il s’attache à la mémoire ouvrière, ses ressources et ses défaillances.