Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron, pionnier de la censure européenne

Les parlementaires ont validé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans avec l‘imposition aux plateformes d’une vérification de l’âge.

Une mesure qui reflète les préoccupations croissantes sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents mais qui suscite également de vives critiques en matière de contrôle social.

Une avancée protectrice ou une censure déguisée ?

Portée initialement par la députée Renaissance Laure Miller et soutenue personnellement par Emmanuel Macron depuis plusieurs années, cette proposition de loi a abouti à un accord en commission mixte paritaire le 20 juillet. Le texte devrait être adopté définitivement ce 21 juillet, avec une entrée en vigueur progressive dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, et au 1er janvier 2027 pour les comptes existants.

Sur X, la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, s’est félicitée : « La France ouvre la voie […] Demain, la France sera le premier pays d’Europe à instaurer une majorité numérique pour mieux protéger nos enfants en ligne ».

Le dispositif cible TikTok, Snapchat, Instagram, Facebook et les fonctionnalités sociales de plateformes hybrides comme YouTube ou Roblox. Les messageries privées comme WhatsApp restent accessibles. Les plateformes devront recourir à des systèmes de vérification d’âge robustes, via des tiers de confiance (jetons anonymes basés sur France Identité ou d’autres outils), tout en respectant le DSA européen.

Cette initiative s’inspire de l’Australie, premier pays à avoir franchi le pas pour les moins de 16 ans. Malgré les défis techniques et les contournements possibles via VPN, les premiers bilans australiens montrent une réduction notable des jeunes utilisateurs.

Des voix critiques se sont élevées. Le député socialiste Arthur Delaporte a exprimé des réserves : le texte constitue selon lui « une loi de transition, imparfaite », soulevant des questions constitutionnelles sur le droit à l’information des mineurs.

Les Insoumis, via Louis Boyard, dénoncent une « loi de fin d’anonymat sur Internet ».

À l’inverse, le Rassemblement national a apporté son soutien, participant au consensus large hors opposition de LFI et abstention probable des socialistes.

Emmanuel Macron, impliqué depuis 2017, transforme ainsi une priorité nationale en vitrine européenne. Reste à voir si les plateformes se conformeront efficacement, sous peine de sanctions lourdes jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires.

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