La Chine a annoncé une avancée importante dans son programme de fusion nucléaire, souvent appelé « soleil artificiel ». Comme l’explique Global Times, deux composants essentiels d’un futur réacteur de fusion ont passé avec succès tous les essais techniques. Cette réussite rapproche le pays de son objectif : produire un jour de l’électricité grâce à la fusion.
Le premier composant est un immense aimant supraconducteur (un matériau est dit supraconducteur lorsqu’il peut transporter un courant électrique sans pratiquement perdre d’énergie, mais seulement à une température extrêmement basse). Cet aimant, en forme de D, est aujourd’hui le plus grand jamais construit pour un réacteur de fusion.
Selon le quotidien chinois, seize aimants identiques seront assemblés en anneau afin de créer un champ magnétique très puissant. Son rôle est de maintenir le plasma (gaz chauffé à une température si élevée que ses particules sont chargées électriquement) au centre du réacteur. Ainsi, les aimants formeront une sorte de cage magnétique invisible qui empêchera le plasma de toucher les parois du réacteur.
Le second composant validé est une bobine supraconductrice centrale. Global Times rapporte que les chercheurs la comparent à la bougie d’allumage d’un moteur automobile. C’est elle qui permet de lancer le plasma et de maintenir son fonctionnement. Les essais ont confirmé que cette bobine répond aux performances attendues.
Une technologie entièrement développée en Chine
Les responsables du projet soulignent un autre résultat majeur. Toujours d’après le média, tous les éléments nécessaires à la fabrication de ces composants, depuis les matériaux jusqu’aux procédés industriels, ont été développés en Chine. Les chercheurs estiment ainsi avoir supprimé leur dépendance envers des technologies étrangères pour cette partie du programme.
La conception de ces équipements a toutefois représenté un défi considérable. Les aimants devront fonctionner pendant environ soixante ans à une température proche de -269°C, tout en supportant des courants électriques très élevés ainsi que de fortes contraintes mécaniques. Les ingénieurs expliquent que même un très faible écart de température lors de la fabrication peut dégrader les performances du matériau supraconducteur. Le Global Times note que les composants ont résisté à plus d’un millier de cycles d’essais reproduisant les conditions extrêmes auxquelles ils seraient confrontés durant leur exploitation.
De nouveaux objectifs fixés pour 2027 et 2030
La Chine travaille sur la fusion nucléaire depuis plusieurs décennies. Global Times rappelle que son principal réacteur expérimental, conçu pour maintenir un plasma extrêmement chaud grâce à de puissants champs magnétiques, a déjà établi un record mondial: il a conservé un plasma à 100 millions de degrés pendant 1 066 secondes.
Pékin prévoit maintenant d’achever un nouveau réacteur expérimental d’ici à la fin de 2027. La Chine espère ensuite avancer vers la production d’électricité par fusion autour de 2030, avant de construire une centrale de démonstration.
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