Sécurité civile : les pompiers français «à bout de souffle»

Alors que les feux ravagent plusieurs régions, notamment la Gironde, la question des moyens alloués à la sécurité civile s’impose avec force. Les sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires, interviennent dans un contexte de risques pluriels et intensifiés, mais leurs ressources ne suivent plus le rythme des besoins suscitant la défiance des pompiers.

Un modèle de financement dépassé

Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) reposent à plus de 90 % sur les collectivités locales. Les départements assument près de 60 % d’un budget total de 5,6 milliards d’euros.

Leur contribution a doublé en moins de vingt ans, passant de 1,6 à 3,3 milliards d’euros. Or, leurs finances sont exsangues : dépenses sociales en hausse, recettes contraintes. « Nous avons atteint un point de rupture », prévient l’association Départements de France.

Sur le réseau X, des voix dénoncent un système dépassé : « Depuis 2022, la France attend une réforme du financement des SDIS. Pendant ce temps, elle brûle. Cet été encore, les pompiers montent au front avec du matériel vieillissant et des effectifs en pénurie ».

Le nombre d’interventions a augmenté d’un tiers en dix ans, sans hausse proportionnelle des moyens. Le Beauvau de la sécurité civile, achevé en septembre 2025, a reconnu un modèle « à bout de souffle » et appelé à moderniser le financement.

Pourtant, le projet de loi attendu tarde. Plus de 150 élus, emmenés par le maire de Mions Mickaël Paccaud, ont signé une tribune pour faire de la sécurité civile « une grande priorité nationale », plaidant pour davantage d’anticipation, de prévention et de soutien au volontariat.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a tenté de se défendre le 31 juillet en affirmant que le budget de la Sécurité civile a « quasiment doublé en 10 ans ».

L’État a en effet porté son budget de 450 millions d’euros en 2017 à environ 800 millions en 2026, mais dire que les moyens ont doublé est exagéré car il faudrait additionner les dépenses de l’État, des départements et des communes, puis tenir compte de l’inflation, de l’évolution des missions et des coûts des équipements.

Des pistes ont été avancées pour augmenter les budgets : taxe additionnelle sur le foncier, meilleure répartition de la taxe sur les conventions d’assurance… Autant de mesures impopulaires qui ne devraient pas être avancées par l’exécutif alors que l’État macronien est pointé du doigt pour sa gestion de ces incendies notamment, la ministre de l’Écologie, restée dans sa villa climatisée pendant que les feux ravageaient des forêts à quelques kilomètres de chez elle. 

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