Europe : la «mort lente» de la «coalition des volontaires» se précise

La « coalition des volontaires » formée autour de l’Ukraine pourrait être condamnée à une « mort lente », rapporte le 2 août le Telegraph. D’après le quotidien britannique, le départ de Keir Starmer et, surtout, la succession prochaine d’Emmanuel Macron risquent de priver cette alliance de ses principaux moteurs politiques, alors qu’aucun autre dirigeant européen ne semble aujourd’hui capable d’en reprendre fermement les commandes.

Emmanuel Macron devra quitter l’Élysée après l’élection présidentielle de 2027, au terme de son deuxième mandat. Son départ ouvre une brèche majeure. Aucun successeur évident ne semble en mesure de poursuivre sa ligne, tandis que les personnalités données en tête de la course défendent des positions susceptibles de remettre directement en cause la politique française envers l’Ukraine, la Russie et l’OTAN.

Marine Le Pen est considérée comme la favorite pour succéder au président français. Elle a promis de retirer la France du commandement militaire intégré de l’OTAN et de lever les sanctions contre la Russie. Jean-Luc Mélenchon, présenté comme l’un de ses principaux adversaires, veut aller encore plus loin en faisant sortir la France de l’Alliance atlantique.

L’arrivée au pouvoir de l’un de ces deux responsables politiques pourrait donc porter un coup fatal à la « coalition des volontaires ». Selon une source citée par le Telegraph, les responsables britanniques examinent déjà les conséquences possibles d’un tel scénario sur les relations franco-britanniques, le partage de renseignements et l’avenir même de la coalition. Un responsable occidental avertit également qu’une victoire de l’un de ces candidats constituerait un problème grave pour l’OTAN.

La relève européenne reste introuvable

Toujours selon le quotidien, la « menace » ne vient cependant pas uniquement de Paris. Les dirigeants qui pourraient théoriquement combler le vide laissé par Emmanuel Macron et Keir Starmer apparaissent eux-mêmes trop fragiles, trop isolés ou trop absorbés par leurs propres crises pour imposer une direction commune.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, parfois présenté comme un possible nouveau chef de file européen, peine déjà à tenir son propre camp. Il affronte des crises intérieures, une contestation croissante au sein de son parti et des doutes sur sa capacité à conserver durablement le pouvoir.

L’Allemagne refuse par ailleurs d’envoyer des troupes en Ukraine dans le cadre d’une éventuelle force européenne de maintien de la paix, contrairement au Royaume-Uni ou à la France. Selon le député chrétien-démocrate Roderich Kiesewetter, les désaccords au sein de la coalition gouvernementale allemande sur l’attitude à adopter face à la Russie ont conduit Friedrich Merz à retarder certaines livraisons d’armes, notamment des missiles à longue portée Taurus, à renoncer à faire saisir des navires que plusieurs pays européens associent à la « flotte fantôme » russe, à bloquer une initiative européenne destinée à limiter les déplacements des diplomates russes dans l’espace Schengen et à refuser la fermeture de la Maison russe.

Pour Roderich Kiesewetter, cette prudence ne peut pas être qualifiée de leadership. Le député juge que l’Europe aurait besoin d’un nouveau Churchill, mais qu’aucune personnalité de cette stature n’a encore émergé. La question reste donc entière : qui pourrait maintenir la coalition en vie ?

La Pologne ne semble pas davantage prête à assumer ce rôle. Son Premier ministre, Donald Tusk, refuse toute participation à un déploiement de troupes en Ukraine, invoquant la proximité de la frontière russe. Son maintien au pouvoir dépendra de l’issue des élections prévues l’année prochaine.

La situation est comparable en Italie. Giorgia Meloni a elle aussi écarté l’envoi de soldats en Ukraine et devra organiser les élections nationales avant la fin de l’année prochaine. Ces échéances pourraient encore réduire le nombre de dirigeants disposés à engager concrètement leur pays au sein de la coalition.

Au Royaume-Uni, le remplacement de Keir Starmer par Andy Burnham ajoute une nouvelle incertitude. Ce dernier maîtrise principalement les questions de politique intérieure et ne possède presque aucune expérience en matière de politique étrangère, note le journal. Depuis son arrivée au pouvoir, il a certes assuré les alliés que Londres continuerait à soutenir l’Ukraine et l’OTAN. Cette promesse ne suffit pourtant pas à démontrer qu’il pourra exercer la « même influence que son prédécesseur ».

La Russie considère de son côté qu’un déploiement de forces européennes en Ukraine équivaudrait à l’installation d’un contingent de l’OTAN à ses frontières. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, l’a déjà affirmé. Parallèlement, le Kremlin appelle les pays européens à rétablir le dialogue avec Moscou, en faisant valoir que la Russie est trop grande pour que « l’Europe puisse simplement l’oublier ».

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