Face au risque d’un duel entre ce qu’il nomme les « extrêmes » à la présidentielle de 2027, le président du MoDem et ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, François Bayrou, appelle les forces du « fleuve démocratique » à s’unir par un vote large et précoce pour porter un candidat capable de rassembler contre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), tous deux en bonne position dans les sondages.
Un processus pour « sortir de l’ambiguïté »
Dans un entretien exclusif publié le 9 août dans Le Figaro, François Bayrou dresse un constat alarmant. « Le risque maximum, c’est un deuxième tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche », prévient l’ancien Premier ministre.
🔴 François @Bayrou réclame un vote « le plus ouvert possible » pour départager les prétendants du même « fleuve démocratique » pour ceux qui rejettent les extrêmes !https://t.co/flDbPDKb8apic.twitter.com/UXZmtIE2bN
— Les Progressistes (@_Progressistes) August 9, 2026
Sans un candidat du centre capable de fédérer « tous les démocrates réformistes », cette « catastrophe » – un second tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche – se produira, selon lui, si aucun candidat ne parvient à rassembler ce même camp. Pour y parvenir, il invite « tous ceux qui rejettent les extrêmes » à organiser une compétition ouverte. Du Parti socialiste dans sa version sociale-démocrate jusqu’aux gaullistes, chacun devrait défendre sa vision avant un vote « le plus ouvert possible » fin janvier ou début février. Le vainqueur disposerait ainsi de deux mois pleins de campagne, un délai que Bayrou juge suffisant.
Sur X, la proposition suscite déjà des réactions hostiles. Julien Aubert, vice-président des Républicains, ironise : « Formidable entretien de Bayrou, qui, en déchiffreur d’avenir, nous propose une solution politique datant de… 1947 : la Troisième Force, cette alliance de bric et de broc imaginée par les radicaux et socialistes pour rassembler tous ceux qui ne voulaient pas des gaullistes et des communistes. Il appelle ceci « le fleuve démocratique ». Sauf qu’un fleuve qui ne représente que la moitié du débit, c’est plutôt un bras de fleuve… »
Formidable interview de @bayrou, qui, en déchiffreur d’avenir, nous propose une solution politique datant de … 1947 : la Troisième Force, cette alliance de bric et de broc imaginée par les radicaux et socialistes pour rassembler tous ceux qui ne voulaient pas des gaullistes et…
— Julien Aubert (@JulienAubert84) August 9, 2026
Le chroniqueur Jean-Michel Apathie rappelle de son côté que l’ancien Premier ministre refusait, il y a 25 ans, « le rassemblement des droites dans l’UMP », résumant sa position d’alors par cette phrase : « Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons rien. » Le temps est arrivé où, déprimé, l’ancien Premier ministre ne pense plus rien ».
Il y a vingt cinq ans, @bayrou refusait le rassemblement des droites dans l’UMP avec cette phrase : « Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons rien. »
Le temps est arrivé où, déprimé, l’ancien premier ministre ne pense plus rien.Etonnant, non ? https://t.co/ZnSn7FrGKS
— jean-michel aphatie (@jmaphatie) August 10, 2026
D’autres y voient une manœuvre tardive ou un retour du « en même temps ».
Bayrou estime qu’aucun des candidats déjà en vue, y compris Édouard Philippe, mieux placé dans les sondages, n’incarne aujourd’hui le « profond renouvellement attendu ». Il cite plusieurs personnalités susceptibles d’émerger : Thierry Breton, Bernard Cazeneuve, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire ou encore Yaël Braun-Pivet, tous inexistants dans les études d’opinion et ne disposant pas d’appareil de parti à leur service.
« C’est le débat qui fera naître le candidat », affirme-t-il.
Pour lui, les déclarations de candidature doivent avoir lieu dès la rentrée de septembre, avant la décantation et la confrontation. Faute d’accord large, prévient-il, le processus se fera « par effraction, par bousculade ». L’ancien maire de Pau insiste sur une condition non négociable : chaque prétendant du « fleuve démocratique » doit affirmer clairement « jamais avec LFI, jamais avec le RN ».
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