La journaliste Nejma Brahim, spécialiste des questions migratoires à Mediapart depuis 2020, a été interdite d’entrée au Maroc dans la soirée du 13 août, selon le média français. Elle s’était rendue à Tanger afin de recueillir les témoignages de familles de victimes du drame migratoire survenu fin juillet aux abords de Ceuta.
À son arrivée à l’aéroport, elle a été conduite dans un bureau de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), où elle affirme avoir été interrogée pendant plusieurs heures sur les raisons de sa venue et son activité professionnelle. Elle a ensuite été retenue pendant environ cinq heures.
Vers minuit, son passeport lui ayant été retiré, la journaliste a été conduite dans une salle d’embarquement sans être informée de sa destination. Elle y a passé la nuit avant d’être embarquée le lendemain matin sur un vol à destination de Paris.
Une mention sur son document de refus d’entrée
Son passeport et le document officiel de refus d’entrée lui ont été remis par le commandant de bord une fois à bord de l’avion, indique Mediapart. Le document, que la journaliste n’a pas signé, ne préciserait pas le motif de son refoulement.
Dans la rubrique consacrée à la nationalité figure toutefois la mention « Française d’origine algérienne », au lieu de la seule nationalité française. Mediapart estime que cette formulation fait écho aux questions répétées des agents marocains sur les origines algériennes de la journaliste.
Les autorités consulaires françaises, alertées durant la soirée, n’ont pas pu empêcher son renvoi vers la France.
Mediapart dénonce une entrave au travail journalistique
Mediapart a fermement condamné le refoulement de sa journaliste, estimant qu’il l’a empêchée de poursuivre son enquête sur un drame migratoire d’intérêt public.
L’Association marocaine des droits humains (AMDH), section de Tanger, a également dénoncé une atteinte à la liberté de la presse et au droit d’accès à l’information.
L’incident intervient quelques jours après l’expulsion de journalistes de la télévision publique espagnole TVE et de l’agence EFE de Fnideq, ville marocaine située près de Ceuta. Les deux médias espagnols avaient dénoncé leur expulsion le 15 août.
Ces différents incidents interviennent dans un contexte de tensions autour de la couverture médiatique des questions migratoires et de la frontière entre le Maroc et l’Espagne.
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