Impôts : les Français perdent confiance dans l’État et contestent la facture


78 % des Français jugent les prélèvements obligatoires trop élevés et seuls 22 % font confiance à l’État pour bien utiliser l’argent public. Entre sentiment de gaspillage, pression fiscale et défiance politique, le consentement à l’impôt se fragilise et les appels à la résistance fiscale se multiplient.

D’après le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme associé à la Cour des comptes, 78 % des Français estimaient en 2025 que les impôts et cotisations sociales étaient trop élevés, contre 75 % en 2023. L’enquête, réalisée auprès de 3 055 personnes, révèle surtout une profonde rupture de confiance entre les contribuables et l’État.

En 2023, 33 % des sondés faisaient confiance à l’État pour utiliser correctement les fonds publics. Deux ans plus tard, ils n’étaient plus que 22 %. Une chute de onze points qui traduit une défiance croissante envers la gestion de l’argent prélevé. Le sentiment d’équité fiscale et la satisfaction concernant l’utilisation des fonds publics demeurent d’ailleurs les principaux facteurs d’acceptation de l’impôt.

Ces résultats alimentent un débat autour de la résistance fiscale, défendue notamment par l’économiste Philippe Herlin. Sur X, il évoque plusieurs formes de contestation, allant des mobilisations collectives à la réduction volontaire de ses revenus imposables, en passant par le changement de statut professionnel pour alléger les prélèvements. Si seulement c’était si simple… Réduire légalement son activité, bénéficier d’un régime fiscal adapté ou participer à une mobilisation collective relève de choix individuels ou politiques ; refuser de payer un impôt légalement dû expose, en revanche, à des sanctions. Aucun sondage ne démontre qu’un mouvement organisé de grève de l’impôt serait actuellement en expansion.

Le CPO relève que 79 % des Français considèrent toujours le paiement des impôts et cotisations comme un acte citoyen, une proportion stable depuis 2023. La contestation porte ainsi largement sur le montant des prélèvements, leur répartition et leur utilisation. Un paradoxe à la française. Les contribuables continuent majoritairement de reconnaître leur devoir fiscal, tout en accordant de moins en moins de crédit à celui qui encaisse leurs impôts.





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