La « carte électorale » trahit l’irrédentisme de Netanyahou, par Alfredo Jalife-Rahme


Lors d’une conférence presse, le 18 octobre 2026, Benyamin Netanyahou présente sa vision du Moyen-Orient, cartes à l’appui.

Netanyahou assiégé, face à son principal concurrent le général Gadi Eisenkot, avec une avance dans quatre sondages [1], a recours à toutes les astuces pour se perpétuer au pouvoir et ainsi éviter des sanctions pénales pour ses exactions nationales et à l’étranger. Il faut remarquer que Trump a été lent à soutenir « absolument » Mileikowsky (alias Netanyahu), une semaine avant les élections serrées.

Netanyahou est revenu à sa fixation relevant de la psychiatrie d’il y a 30 ans [2] : « finaliser l’élimination du régime iranien » en collusion avec l’iranophobe Trump [3]. Sur sa lancée, il a ajouté l’« élimination simultanée du Hezbollah » dans le sud du Liban, grand allié de la République islamique d’Iran.

Les intentions maléfiques de Netanyahou sont de commettre un génocide à l’échelle du Moyen-Orient afin de mettre en œuvre son projet suprémaciste d’un « Grand Israël », qui n’a aucune base historique ! Le roi des mensonges Netanyahou adore inventer des bombes nucléaires inexistantes imputées à l’Iran à travers l’utilisation d’infographies destinées aux ignorants/désinformés/intéressés, ce qui provoque l’hilarité des spécialistes.

Aujourd’hui avec la visite « secrète » du controversé secrétaire à la Guerre Peter Hegseth, un « sioniste évangélique » enragé, pour apporter son soutien aux futures guerres de Netanyahou, voilà que retentissent les tambours de guerre à travers le Moyen-Orient [4].


La carte de la Friedrich-Ebert-Stiftung

Le 18 octobre, Netanyahou a publié une autre de ses infographies : une carte très contestée du Moyen-Orient, dans le cadre de sa « Nouvelle Doctrine de sécurité nationale » [5]. Sa « carte » est basée sur une infographie publiée cinq mois plus tôt par la Friedrich-Ebert-Stiftung allemande de Marc Saxer et Marcus Schneider, qui divise l’espace Moyen-Orient/Afrique du Nord/Afrique de l’Est en trois blocs d’alliances géopolitiques :

1. L’Alliance Hexagonale Israël-Émirats arabes unis (EAU) : s’y ajoutent des acteurs ou zones « amicales », telles que la Grèce, Chypre, l’Éthiopie, la secte druze, le Somaliland, le Puntland, ses milices alliées à la fois au Soudan et à celles du maréchal Haftar en Libye. Il faudrait ajouter l’alliance probable avec l’Inde et le Brésil sous la domination de Bolsonaro [6] – en plus d’autres pays philogénocidaires/philo-sionistes d’Amérique latine, que Netanyahou brandit dans ses bravades rhétoriques. À mon avis, à l’exception de leurs pléthoriques « fonds souverains », les Émirats arabes unis ne sont guère qu’un « cheval de Troie » minable du sionisme génocidaire.

2. L’Alliance du losange sunnite : le Pacte de La Mecque Turquie (membre de l’OTAN)/Arabie Saoudite (en grave difficulté avec les guérilleros yéménites d’Ansar Allah)/Pakistan (la seule puissance nucléaire du monde islamique), et en pointillé l’Égypte (le pays le plus peuplé et la plus grande puissance militaire du monde arabe). À ce losange sunnite, il ajoute ses supposés alliés : le Soudan, la Syrie et la Jordanie.

3. L’Axe de la Résistance iranienne : la République islamique d’Iran, Ansar Allah (Yémen), les milices du Hezbollah (Liban), le Hamas (Gaza) et les chiites apparentés en Irak. La Russie figure comme très proche de l’Iran.

La carte que Netanyahou a plagiée de la fondation allemande — ce qui nous indique que gauche et/ou droite allemandes sont totalement inféodées au projet de « Grand Israël » — est bien moins ambitieuse que le projet d’ « l’Empire israélien » [7] d’il y a 45 ans conçu par le général Ariel Sharon (le boucher des camps palestiniens de Sabra et Chatila), qui s’étendait horizontalement de la Mauritanie/Sahara occidental au Cachemire, et verticalement du Caucase à la Corne de l’Afrique.

Un tel « empire israélien «  [8] était bordé à l’est par la Chine, au nord par l’ex-URSS, à l’ouest par le Maroc et au sud par le Kenya/Afrique du Sud.

De fait, la « carte » plagiée de Netanyahou omet l’essentiel : l’isolement pitoyable d’Israël, l’ascension irrésistible de l’Iran, l’issue des élections Israël/États-Unis, et la dynamique diachronique où la majorité de l’humanité, plutôt que leurs propres gouvernements, rejette le génocide israélien.



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