Une “importante quantité de matériel pédopornographique” a été découverte dans l’ancien domicile philippin de Thomas Markle, père de la duchesse de Sussex, Meghan Markle, selon la police. Une affaire qui rouvre la plaie d’une couronne britannique déjà marquée par le scandale Epstein et le prince Andrew.
La police philippine a annoncé vendredi 23 octobre avoir découvert une “importante quantité de matériel pédopornographique » ainsi qu’un ordinateur portable dans l’ancien domicile de Thomas Markle, père de Meghan Markle, à Cebu. L’enquête a été déclenchée après le signalement de son fils, Thomas Markle Jr., qui affirme avoir trouvé les images dans des cartons laissés sur place avant le départ de son père pour les États-Unis début 2026.
Le fils “horrifié”, la fille “profondément bouleversé” et le père nie
Ce scandale impliquant le père de Meghan Markle, avec lequel la duchesse de Sussex dit être “en froid” depuis plusieurs années, a été révélé au Royaume-Uni par les tabloïds britanniques The Sun et Daily Mail.
« Lorsque j’ai découvert ces éléments, j’ai été horrifié. Je n’avais pas d’autre choix que de dénoncer mon père », a admis Thomas Markle Jr. auprès du Sun. « Je l’ai soutenu, soigné et aidé pendant des années, mais tout cela s’arrête aujourd’hui. Je ne parlerai plus jamais à mon père, sauf si je suis appelé à témoigner contre lui », a-t-il encore réagi.
Dans un communiqué, le ministre philippin de l’Intérieur, Jonvic Remulla, a expliqué que “la Police nationale philippine (PNP), suite aux signalements de son fils, a inspecté l’ancien domicile d’un certain M. Thomas Markle (…) Une importante quantité de matériel pédopornographique ainsi qu’un ordinateur portable y ont été découverts”, confirme-t-on. “L’ordinateur portable fait actuellement l’objet d’une expertise judiciaire et nous disposerons des résultats complets d’ici une semaine”, a-t-il ajouté.
Thomas Markle, 82 ans, a catégoriquement nié les accusations, les qualifiant de “mensonges abjects”. Il a admis avoir payé pour des relations sexuelles aux Philippines. “J’aime les femmes asiatiques, mais ce n’est pas un crime “, a-t-il déclaré, tout en niant les allégations selon lesquelles il possédait une quantité considérable d’images pédopornographiques. The Daily Mail rapporte sa défense, selon laquelle les images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur ont été “implantées” pour détruire sa réputation avant sa mort.
De son côté, Meghan Markle s’est dite “profondément bouleversée” et affirme faire l’objet d’une “profonde détresse” par les accusations contre son père, “plus révoltantes qu’on ne saurait l’imaginer”. “Mes pensées vont aux enfants qui auraient pu être lésés”, a-t-elle déclaré, ajoutant ne pas avoir eu de récents contacts avec son père et qu’elle n’avait permis aucun contact entre lui et ses enfants à la suite de précédentes allégations.
Celles-ci ont été confirmées par la police métropolitaine londonienne qui a effectivement admis avoir, “en janvier 2019, reçu une lettre contenant un certain nombre d’allégations concernant des infractions présumées commises en dehors du Royaume-Uni”, vraisemblablement celles des États-Unis, du Mexique et des Philippines, où M. Markle a résidé. Ces “allégations” entrainaient des “inquiétudes concernant la sécurité de la duchesse de Sussex”. Cette dernière avait eu connaissance de cette lettre.
Bis repetita
Cette affaire rappelle que la couronne britannique n’en est pas à son premier scandale lié à la pédocriminalité. Le prince Andrew, frère du roi Charles III, a été au cœur du scandale Epstein après son amitié avec le financier condamné pour trafic sexuel, et après les accusations de Virginia Giuffre, qui l’accusait d’avoir abusé d’elle lorsqu’elle était mineure.
Les conséquences pour Andrew ont été lourdes : retrait de ses titres militaires et de ses patronages royaux en 2022, abandon du titre de “Son Altesse Royale”, puis, en 2025, retrait officiel du titre de prince et départ de sa résidence de Windsor. Un règlement financier avec Virginia Giuffre, estimé à plusieurs millions de dollars, a mis fin à la procédure civile sans reconnaissance de culpabilité. Elle est morte, officiellement par suicide, à l’âge de 41 ans en avril 2025, quelques semaines après un accident de voiture.
La couronne avait cru tourner la page Andrew, en l’écartant de la vie publique et en lui retirant ses titres. Voilà qu’un nouveau scandale, cette fois lié au père de la duchesse de Sussex, vient rouvrir la plaie. Le couple Harry et Meghan avait pourtant quitté le Royaume-Uni en claquant la porte en 2020 pour s’installer aux États-Unis et fuir aussi bien des tensions avec la famille royale, les médias que la dépendance, notamment financière, à une couronne qui semble de plus en plus vaciller, et au moment même où le Québec refuse de prêter allégeance au roi, “symbole archaïque de la domination coloniale britannique”.