À Sarlat, le maire veut bloquer l’arrivée de nouveaux fast-foods pour protéger les commerces du centre-ville


À Sarlat, capitale touristique du Périgord noir, la municipalité entend s’opposer à l’implantation de deux restaurants de restauration rapide dans une zone commerciale proche d’un lycée. Le maire promet de mobiliser tous les moyens à sa disposition pour préserver l’activité du centre-ville.

Lors du conseil municipal du 21 octobre 2026, le maire de Sarlat-la-Canéda, Basile Fanier (Les Républicains), a annoncé son intention de combattre l’installation de deux enseignes de restauration rapide en périphérie. Comme le rapporte Sud Ouest, les établissements envisagent de s’implanter dans une zone commerciale située à proximité d’un lycée. L’élu souhaite les dissuader de mener leurs projets à terme pour défendre l’activité commerciale du cœur historique de Sarlat. 

La commune dispose déjà d’un tissu commercial important. D’après les données publiées par la mairie de Sarlat, la ville compte environ 320 commerces, dont 243 installés en centre-ville, soit près de 76 % du total. La municipalité met notamment en avant ses travaux d’aménagement des rues commerçantes, ses marchés traditionnels et sa plateforme destinée à recenser les locaux commerciaux vacants.

Cette stratégie de préservation rencontre cependant un obstacle juridique. Dans une analyse publiée le 27 octobre, le média spécialisé Les Surligneurs rappelle que le maire ne peut pas librement choisir les entreprises autorisées à s’installer dans sa commune. Le droit de l’urbanisme encadre strictement ses décisions.

François Coq, élu d’opposition membre des Écologistes, a d’ailleurs contesté la capacité de la mairie à empêcher ces installations. En vertu de l’article L. 421-6 du Code de l’urbanisme, l’instruction d’un permis de construire doit reposer sur la conformité du projet aux règles applicables. La nature de l’enseigne ou la concurrence qu’elle pourrait exercer sur les commerces existants ne suffisent donc pas, à elles seules, à justifier un refus. Autrement dit, la municipalité peut chercher à orienter le développement commercial à travers ses documents d’urbanisme et les dispositifs prévus par la loi, mais doit néanmoins respecter les droits des porteurs de projets et les procédures applicables.

À Sarlat, la bataille annoncée contre les fast-foods pourrait ainsi se déplacer sur le terrain administratif. Reste à savoir quels leviers concrets la mairie pourra mobiliser pour protéger son centre-ville historique.





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