Pendant que l’on débat des déficits publics, un autre gouffre financier se creuse en France : celui des transferts de fonds vers l’étranger. Entre 2009 et 2023, pas moins de 155,5 milliards d’euros ont quitté le pays, selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID). Ce flux, en hausse constante, a doublé en quinze ans pour atteindre plus de 15 milliards d’euros annuels.
D’après Le Figaro, la France représente à elle seule 44 % du déficit européen, estimé à 36 milliards d’euros en 2023. L’OID souligne que « la crise migratoire commencée en 2015 a assurément contribué » à cette explosion. La première puissance exportatrice de fonds de travailleurs n’est pas l’Allemagne, ni l’Italie, mais la France. En 2020, son solde d’envois à l’étranger s’élevait à -10,74 milliards d’euros, selon Eurostat.
Plus de la moitié de ces sommes bénéficient au continent africain, en particulier à l’Afrique du Nord, avec le Maroc en tête des destinataires (3,5 milliards d’euros). Mais les chiffres officiels ne disent pas tout : près d’un cinquième des flux échappent aux radars, notamment via le système informel du Hawala. Comme le rappelle l’ancien ambassadeur Xavier Driencourt, « ce système repose sur la confiance », alimenté par le double marché du dinar algérien.
La Banque mondiale reconnaît que ces fonds aident les familles restées au pays, mais souligne leur effet négatif sur l’économie nationale. L’OID y voit même un levier de politique migratoire, suggérant d’instaurer une taxe européenne sur ces transferts ou de conditionner leur libre circulation à la coopération des pays d’origine.