À Palaiseau, fin janvier, trente-cinq élèves d’AgroParisTech ont été exclus pour quinze jours, après quatre jours d’occupation de bâtiments. Une protestation menée par le collectif Agro en lutte contre des orientations jugées incompatibles avec les urgences agricoles et écologiques.
Pendant quatre jours, des étudiants ont occupé deux bâtiments du campus pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, la gestion sanitaire de la dermatose bovine par abattage total et les liens entre la gouvernance de l’école et la FNSEA. Une mobilisation structurée, suivie par plusieurs centaines d’étudiants, rapidement qualifiée de perturbation intolérable par la direction.
Dans un courriel consulté par Reporterre, le directeur général Laurent Buisson justifie les sanctions en pointant des manquements graves. Il reproche aux étudiants d’avoir empêché « les agents de sécurité de faire leur ronde pour vérifier les conditions de sécurité incendie », d’avoir introduit des réchauds et des bonbonnes de gaz, et d’avoir bravé l’interdiction de conférences rassemblant plus de 200 personnes. Il leur est aussi reproché d’avoir « participé à la forte perturbation du déroulement d’autres événements autorisés, prévus de longue date et qui se tenaient au même moment sur le campus ».
Selon le collectif Agro en lutte, les 35 étudiants ont reçu une notification identique par mail le dimanche précédant l’entrée en vigueur des exclusions. Une procédure perçue comme expéditive, qui soulève une question plus large sur la place laissée au débat critique dans une école formant les futurs cadres de l’agriculture française…