Le 5 octobre 2000, la chute du président serbe Slobodan Milošević met fin à une décennie de guerres et de sanctions. Quand il refuse de reconnaître sa défaite lors de l’élection présidentielle, des centaines de milliers de manifestants prennent d’assaut le Parlement et la télévision d’État. La « révolution du bulldozer » porte au pouvoir une opposition bicéphale, incarnée par le nouveau président nationaliste conservateur Vojislav Koštunica et son premier ministre Zoran Đinđić, un réformiste pro-européen. Fin du cauchemar ? L’élan du renouveau est vite brisé par un affrontement au sommet. La crise politique culmine avec l’assassinat de Đinđić, le 12 mars 2003, qui déclenche l’état d’urgence et une vaste intervention policière — l’« opération Sabre », qui donne son titre à la série coproduite par la télévision publique serbe et diffusée sur Arte.
Créé par deux jeunes réalisateurs serbes, Goran Stanković et Vladimir Tagić, ce thriller politique, première fiction consacrée aux événements qui ont suivi l’assassinat, reconstitue et éclaire cette période trouble. Il met en scène la cohabitation des nouveaux dirigeants et le rôle auprès de Milošević d’un « État profond », lié aux milieux criminels et toujours présent au sein des services de sécurité.
Au début de la série, Đinđić, qui n’est pas encore premier ministre, rencontre Milorad Ulemek, dit « Legija », le chef des « Bérets rouges », une unité spéciale chargée de la sûreté de l’État, des opérations antiterroristes, de la protection de personnalités et des missions sensibles. Il aurait alors assuré à Legija qu’il ne toucherait pas à son unité après la chute de Milošević, à condition que celle-ci n’intervienne pas contre les manifestants. Or les (…)
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