France Télévision : dérives dénoncées et défiance record, la crise s’installe jusqu’au cœur de France 3 Île-de-France


Dans un post X publié ce dimanche 12 avril 2026, Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur France Télévision, a rappelé que l’Assemblée nationale s’est, pour la première fois de son histoire, penchée sur les 4 milliards d’euros annuels alloués à l’audiovisuel public – soit la moitié du budget du ministère de la Culture. Après 63 auditions et près de 250 personnes entendues, le constat est sévère. Alloncle pointe « de graves dérives » : atteintes au pluralisme, conflits d’intérêts, externalisation massive (près d’un milliard d’euros par an confiés à des sociétés de production privées), situations de favoritisme, dépenses somptuaires et gestion défaillante des fonds publics.

« Cette transparence a un prix », écrit Alloncle : depuis le début des travaux, « tous ceux qui bénéficient de ce système s’emploient à discréditer la commission ». Pourtant, argue-t-il, « chaque Français est, de fait, co-actionnaire de son audiovisuel public » via la redevance. Il exige donc « le droit de savoir à qui, pour quoi et comment son argent est dépensé ». Le rapporteur appelle même à étendre ce contrôle à l’ensemble des politiques publiques, notamment aux plus de 1 200 agences et comités qui représentent près de cent milliards d’euros de dépenses chaque année, alors que la dette publique devient « incontrôlable ».

Pendant ce temps, les journalistes de France 3 Île-de-France font écho à ces révélations, dénonçant la « dégradation de (leur) outil de travail » et s’interrogeant sur la capacité de la direction à préserver « les moyens techniques » et « la ligne éditoriale » à travers une motion de défiance.

Un symptôme visible d’une gouvernance critiquée de longue date. Une présidence Ernotte qui, malgré les alertes répétées des journalistes de terrain, persiste dans sa logique de recentralisation et de « rationalisation » des moyens au détriment des antennes régionales. Le silence de la direction face à une défiance aussi massive (93 %) en dit long sur le mépris perçu par les rédactions pour leur outil de travail et leur mission de service public.

Une crise à France 3 Île-de-France, qui semble plus politique et démocratique que sociale, et qui montre qu’il est urgent de passer des constats de la commission Alloncle à des actes concrets de redressement.





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