Londres approuve le rachat du Telegraph par le groupe allemand Axel Springer


Le gouvernement britannique a approuvé mardi le rachat du quotidien conservateur The Telegraph par le géant allemand des médias Axel Springer, mettant fin à plusieurs années d’incertitude sur le sort de la prestigieuse publication.

« J’ai donné mon consentement », a indiqué la ministre britannique de la Culture, Lisa Nandy, dans une déclaration écrite au Parlement, saluant une opération qui offrira « une plus grande sécurité au Telegraph et à son personnel ».

Axel Springer avait annoncé le 6 mars dernier un accord avec RedBird IMI, une coentreprise entre le fonds américain Redbird et le fonds d’investissement dans les médias d’Abou Dhabi (IMI), pour racheter le titre contre 575 millions de livres (663 millions d’euros).

« Nous investirons de manière significative dans l’excellence éditoriale et la croissance internationale de The Telegraph », a promis mardi dans un communiqué Mathias Döpfner, patron d’Axel Springer, déjà propriétaire du tabloïd allemand Bild, mais aussi de Die Welt et de Politico.

Le groupe allemand avait alors pris de court le Daily Mail, dont l’offre concurrente de 500 millions de livres suscitait les craintes du gouvernement sur la pluralité des médias au Royaume-Uni.

Cette opération aurait pu créer une voix conservatrice dominante au Royaume-Uni, dans un contexte où le parti anti-immigration Reform UK est actuellement en tête des sondages et où le Premier ministre travailliste Keir Starmer plonge dans l’impopularité.

Le nouveau groupe aurait évolué aux côtés de publications d’orientation similaire, The Sun et The Times. De l’autre côté du spectre politique, les principaux journaux de gauche britanniques comprennent The Guardian et The Mirror.

Inquiet d’une concentration excessive, le gouvernement britannique avait fini par annoncer mi-février le lancement d’une enquête sur le processus de vente au nom de « l’intérêt public » et de la « nécessité d’une pluralité suffisante des opinions ».

Le vénérable quotidien britannique, très eurosceptique, a été fondé il y a 170 ans. Propriété depuis 2004 de la richissime famille Barclay, il avait été mis en vente d’office fin 2023 par la banque Lloyds pour éponger de lourdes dettes.

La coentreprise Redbird IMI avait passé un accord avec la famille Barclay, mais la perspective de voir un fonds émirati contrôler l’une des publications les plus influentes au Royaume-Uni avait inquiété le gouvernement britannique, alors conservateur.

Il avait légiféré pour bloquer la prise de contrôle de journaux britanniques par des États étrangers. Redbird IMI avait jeté l’éponge en avril 2024 laissant The Telegraph à la recherche d’un nouveau propriétaire.





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