© Farooq Naeem/AFP via Getty ImagesUne femme passe devant un écran numérique affichant des informations sur les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran le long d’une route à Islamabad, au Pakistan, le 10 avril 2026.
L’Iran refusera d’entamer une nouvelle session de pourparlers de paix avec des représentants américains tant que Donald Trump ne sera pas revenu sur sa position « maximaliste » concernant les activités nucléaires de l’Iran, a prévenu le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, le 18 avril.
Lors d’une visite en Turquie samedi, M. Khatibzadeh a déclaré aux journalistes qu’un « cadre d’entente » clair était nécessaire pour que les pourparlers de paix puissent se poursuivre.
Le responsable iranien a formulé ce commentaire alors qu’il ne reste que quelques jours à un cessez-le-feu de deux semaines débuté le 7 avril.
Le vice-président américain JD Vance a mené une délégation américaine lors d’un cycle de discussions de 21 heures avec des représentants iraniens le 11 avril, mais les pourparlers se sont achevés sans accord. Vance avait alors précisé que le point de blocage était le refus de l’Iran de renoncer explicitement à la poursuite de l’arme nucléaire.
Téhéran a nié chercher à obtenir des armes nucléaires, mais a constitué un stock d’uranium hautement enrichi.
S’adressant aux journalistes samedi, M. Khatibzadeh a affirmé que l’Iran n’accepterait pas de limites plus strictes sur son activité nucléaire que celles attendues des autres pays selon les normes internationales en vigueur.
« L’autre partie doit abandonner sa position maximaliste et respecter le droit international, cadre au sein duquel nous pourrons alors garantir la diplomatie », a déclaré M. Khatibzadeh. « Je dois être on ne peut plus clair : l’Iran n’acceptera pas d’être une exception au droit international. »
Plus tôt cette semaine, M. Trump a évoqué la perspective d’un second cycle de pourparlers de paix durant le week-end. Samedi, M. Khatibzadeh a déclaré qu’aucune date ne serait fixée pour de tels pourparlers tant qu’un accord de base n’existerait pas entre Washington et Téhéran.
Les forces américaines ont bombardé trois installations nucléaires iraniennes en juin 2025. Depuis lors, des spéculations circulent sur la question de savoir si des stocks d’uranium hautement enrichi pourraient encore être piégés sous les décombres de ces installations endommagées.
S’adressant à Reuters le 17 avril, Trump a déclaré que les États-Unis seraient en mesure de pénétrer en Iran à un « rythme tranquille » pour localiser et retirer les stocks d’uranium de l’Iran.
Dans un entretien avec l’Associated Press samedi, M. Khatibzadeh a rejeté l’idée que l’Iran renoncerait volontairement à son combustible nucléaire.
« Je peux vous dire qu’aucune matière enrichie ne sera expédiée aux États-Unis », a déclaré le responsable iranien, qualifiant cette idée de « non-avenue ».
Téhéran s’est également offusqué d’un blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril.
Le détroit d’Ormuz et ses voies navigables adjacentes — qui longent le littoral iranien et constituent une artère clé pour les flux énergétiques mondiaux — ont connu des perturbations au cours du dernier mois et demi. Après que les forces américaines et israéliennes ont lancé des attaques contre l’Iran le 28 février, les forces iraniennes ont commencé à menacer les navires transitant par le détroit d’Ormuz afin d’infliger des perturbations économiques en guise de représailles.
Téhéran avait accepté de cesser les attaques contre la navigation dans le détroit d’Ormuz lors de son entrée dans l’actuel cessez-le-feu de deux semaines.
Samedi, l’armée iranienne a annoncé qu’elle restreindrait à nouveau le transit par le détroit d’Ormuz, en réponse au blocus américain continu des ports iraniens. Le centre britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a depuis signalé qu’une paire de canonnières iraniennes avait ouvert le feu sur un pétrolier, et qu’un projectile inconnu avait frappé un porte-conteneurs, tous deux au nord-est d’Oman.