Les pays des Balkans occidentaux candidats à l’adhésion risquent de passer à côté de 700 millions d’euros d’aides s’ils ne mettent pas en oeuvre les réformes demandées en échange, a prévenu lundi la commissaire de l’UE à l’élargissement Marta Kos.
Des lois controversées sur la justice adoptées par le Parlement serbe aux réformes retardées en Bosnie-Herzégovine à cause de querelles politiques, en passant par l’impasse politique au Kosovo qui a empêché toute réforme, une grande partie de la région prend du retard.
« La semaine dernière, j’ai écrit aux autorités pour qu’elles intensifient les réformes, faute de quoi leurs citoyens en pâtiront », a expliqué Mme Kos devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen.
« Plus de 700 millions d’euros risquent d’être définitivement perdus dans l’ensemble de la région », a-t-elle précisé, en référence aux fonds prévus par l’UE dans le cadre du Plan de croissance pour les Balkans occidentaux.
Pour lutter contre l’influence économique de la Chine et de la Russie, l’UE avait mis sur la table six milliards d’euros, sous la forme d’un plan de croissance visant à doubler les capacités économiques de la région. Mais les paiements sont soumis à des conditions strictes quant à la réalisation des réformes.
L’accent a notamment été mis sur l’alignement des partenaires sur la politique étrangère et de sécurité commune, l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption. Le plan est aussi limité dans le temps, avec une date butoir fixée à fin juin 2026.
Cinq pays – Albanie, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro et Serbie – ont reçu une première partie des aides. Seule la Bosnie n’a rien touché pour l’instant.
« Il ne s’agit pas de créer des critères supplémentaires », a l’adhésion, a affirmé Mme Kos, « mais si les pays régressent sur des fondamentaux comme la démocratie et l’État de droit, les mécanismes de protection doivent s’appliquer ».
La commissaire a expliqué que l’UE était « de plus en plus inquiète de ce qui se passe en Serbie », ajoutant que l’Union était en train d’évaluer si le pays remplit toujours les conditions pour bénéficier du plan – dont 1,6 milliards sont fléchés pour Belgrade.
En février, Mme Kos avait déjà averti que le soutien de l’UE pourrait être remis en question après l’adoption par la Serbie de lois perçues comme une menace pour l’indépendance de la justice.
L’UE a à plusieurs reprises exprimé des inquiétudes concernant l’État de droit, la liberté de la presse, ou l’organisation des élections, souvent entachées de violence ces dernières années.