Tokyo veut bloquer le rachat d’un fabricant de machines-outils en invoquant la sécurité nationale


Tokyo cherche à bloquer l’acquisition du fabricant japonais de machines-outils Makino Milling Machine par une société d’investissement basée à Séoul, le gouvernement invoquant une loi sur la sécurité nationale jusque-là rarement utilisée.

Le gouvernement a estimé qu’il était « essentiel de recommander la suspension » de l’offre de la société MBK Partners visant à acquérir totalement Makino Milling, « le premier fabricant mondial de machines-outils », a déclaré jeudi la ministre des Finances Satuki Katayama.

Étant donné que les produits de Makino Milling sont « largement utilisés par les fabricants d’équipement de défense de notre pays », « nous avons considéré le risque que l’investissement en question puisse compromettre la sécurité (du Japon) », a-t-elle indiqué à la presse.

« Les informations détenues par l’entreprise comprennent des données qui (…) pourraient devenir des informations sensibles relevant de la sécurité nationale », a indiqué de son côté Makino dans une déclaration vendredi, jugeant les « restrictions » imposées « incompatibles » avec la viabilité de l’acquisition.

Fondé en 1937, Makino Milling fournit des outils industriels aux secteurs de l’aérospatiale, de l’automobile, des semi-conducteurs et de la construction.

Le projet de rachat proposé par MBK valorise l’entreprise à environ 275 milliards de yens (1,47 milliard d’euros) en capitaux propres. MBK a désormais jusqu’au 1ᵉʳ mai pour répondre au gouvernement et abandonner l’opération.

L’action Makino chutait de 11,26 % vendredi à mi-séance à la Bourse de Tokyo.

MBK Partners a indiqué dans un communiqué que le gouvernement l’avait informée que les produits de Makino Milling comprenaient « des biens sensibles présentant un potentiel particulièrement élevé d’utilisation militaire ». « Nous avons été extrêmement surpris » de recevoir cet avis, a insisté le groupe dans un communiqué.

Il s’agit, selon la presse financière, de la première intervention de ce type menée au nom de la sécurité nationale depuis que le Japon a réformé ses règles relatives aux rachats étrangers en 2020.

Auparavant, en 2008, Tokyo avait déjà empêché un fonds spéculatif britannique d’accroître sa participation au capital de la société de services publics J-Power.

Si le rachat de Makino échoue, cela « réduira considérablement les futures offres d’entreprises étrangères », car l’obtention de l’approbation gouvernementale apparaîtra comme plus risquée, avertit Arun George, analyste de Global Equity Research, cité par Bloomberg.

Cette annonce intervient alors que le Japon a levé cette semaine ses restrictions sur les exportations d’armes, autorisant ainsi les ventes d’armement à l’étranger, un revirement historique de sa politique en vigueur depuis des décennies.

Et en février, la Première ministre Sanae Takaichi a dévoilé un projet de refonte en profondeur du système japonais de contrôle des investissements étrangers, avec l’intention de le calquer sur le modèle du Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) pour contrer toute ingérence étrangère jugée préjudiciable.





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