Quatre ans après les révélations explosives des Fossoyeurs, rien n’a vraiment changé. Orpea est devenu Emeis, Korian s’est mué en Clariane (eux aussi ont changé de nom pour faire oublier le scandale). Pourtant, les plaintes pour maltraitance persistent. Les inspections massives ont touché 96 % des 7 500 établissements. Seuls 55 ont subi des sanctions graves. Beaucoup d’autres affichent encore des dysfonctionnements.
Aujourd’hui, le gouvernement propose un nouveau nom : Maisons France Autonomie. Ce label positif doit effacer l’image négative du mot « dépendantes ». Pourtant, les résidents restent dépendants par définition. Changer les enseignes, les pancartes et les documents coûtera des millions. Certaines estimations parlent de 75 millions d’euros. Cela équivaut au salaire annuel de près de 2 000 soignants !
Or, les vrais problèmes demeurent. Le personnel manque cruellement. Les ratios d’encadrement stagnent. Les familles dénoncent toujours des soins insuffisants et des situations indignes. Rebaptiser ne recrute pas d’aides-soignantes ; cela ne forme pas mieux les équipes. Et cela n’augmente pas les budgets dédiés aux résidents.
Cette opération de communication ressemble à du ripolinage. Elle masque l’absence de réforme profonde. Les aînés méritent plus que des mots. Ils ont besoin de moyens humains concrets et de contrôles permanents avec de vraies conséquences. C’est du pur macronisme !