Le Conseil de sécurité débat de la sécurité maritime


Le Conseil de sécurité a examiné, le 27 avril 2026, la sécurité maritime dans le contexte du blocage du détroit d’Ormuz.

António Guterres, secrétaire général de l’organisation, a d’abord rappelé que 20 000 gens de mer et plus de 2 000 navires demeurent bloqués dans le golfe Persique, sans possibilité de débarquer.

Le Panaméen Arsenio Domínguez, secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), a appelé, quant à lui, qu’en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et du droit coutumier, les détroits internationaux « ne peuvent être fermés par un État côtier pour entraver le commerce maritime ». De surcroît, aucune base juridique ne permet d’imposer des paiements, droits de passage ou mesures discriminatoires, de telles pratiques créant un « précédent dangereux ».

La Colombie a toutefois jugé que la Convention sur le droit de la mer ne répond pas à des situations telles que la fermeture du détroit d’Ormuz. Conçue pour s’appliquer en temps de paix, elle n’offre pas les outils nécessaires lorsque des conflits surviennent.

Le Bahreïn a dénoncé les « actions  délibérées » de l’Iran dans le détroit qui constituent, selon lui, une violation flagrante du droit international.

Le Libéria a demandé de considérer les principaux points d’étranglement maritimes comme des « zones de responsabilité partagée ». Sur cette base, il a proposé la mise en place d’un mécanisme permanent et indépendant de suivi et de vérification des incidents afin d’assurer un signalement en temps réel et dépolitisé des perturbations affectant le transport maritime commercial. « Dans un environnement obscurci par des récits contradictoires, les faits vérifiés constituent une forme de désescalade », a-t-il soutenu.

La France a indiqué qu’elle porte, en partenariat avec le Royaume-Uni et plus de 50 pays non belligérants d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie, une initiative multinationale indépendante et strictement défensive pour protéger les navires marchands, rassurer les opérateurs du transport maritime et mener des opérations de déminage dans le détroit, dès que les conditions le permettront. Cette initiative répond à trois exigences : la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, la restauration des conditions de libre passage et l’absence de toutes restrictions qui reviendraient à privatiser le détroit.

L’Iran a souligné que le détroit d’Ormuz se trouve, partiellement, dans ses eaux territoriales. C’est pourquoi il a pris des mesures pour prévenir une utilisation de cette voie stratégique à des fins hostiles.

La Chine a observé que la « cause profonde » du blocage du détroit est liée aux actions illégales des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Pour sortir de cette impasse, il faut parvenir à un règlement pérenne par la voie diplomatique, a-t-elle préconisé, félicitant le Pakistan et les autres médiateurs qui s’y emploient.

La Russie a fait valoir qu’en temps de guerre, « un État côtier victime d’une agression peut restreindre la navigation dans ses eaux territoriales afin d’assurer sa sécurité », avant de s’en prendre aux pays de l’Union européenne, qui, selon elle, se comportent en « flibustiers du xxie siècle » en capturant et arraisonnant des navires marchands, prétendument membres de sa flotte fantôme, en violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. En outre, elle a fait remarquer que les pays occidentaux, qui « soutiennent tacitement les actions terroristes de Kiev », adoptent une position tout à fait différente concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Elle a également souligné que la notion de « flotte fantôme » n’existe pas en droit international.

De son côté, le Maroc, estimant que les mers et les océans doivent être des ponts et des facteurs de prospérité, et non de division, a proposé de fédérer les États africains du littoral atlantique pour en faire un rêve de sécurité plutôt qu’être une source de menace.

Cet article est extrait du numéro 174 de « Voltaire, actualité internationale ». Le monde change vite. Abonnez-vous à notre lettre confidentielle hebdomadaire ; une source exceptionnelle d’information sur la transition vers un monde multipolaire.



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