Les Nations unies à l’heure Melania, par Anne-Cécile Robert (Le Monde diplomatique, mai 2026)


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Andrei Roiter. — « Panic Button » (Bouton d’urgence), 2024

© Andrei Roiter – andreiroiter.com

New York, 2 mars 2026. Altière et concentrée, Mme Melania Trump préside, au nom des États-Unis d’Amérique, la réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) consacrée aux enfants en temps de guerre. Une première pour l’épouse d’un chef d’État en exercice. Mais, alors qu’on vient d’apprendre la mort de plus de cent cinquante personnes — pour la plupart des écolières — dans un bombardement américain à Minab, dans le sud de l’Iran, la séance prend une allure digne du théâtre de l’absurde. Même si la « première dame », connue pour sa défense des enfants ukrainiens retenus en Russie, remplit sa mission avec sérieux, certains osent le parallèle avec le cheval de Caligula — celui que l’empereur romain voulait, dit-on, nommer consul.

Si cet épisode reste sans équivalent, les États-Unis ont récemment pris l’habitude de dépêcher la haute hiérarchie gouvernementale aux réunions des Nations unies. « Leur ambassadeur officiel Mike Waltz est régulièrement remplacé par des “pointures”, tels le secrétaire d’État Marco Rubio ou son adjoint Christopher Landau », nous explique un diplomate européen qui s’interroge sur la signification de cette démarche inhabituelle, les ministres des États membres ne siégeant eux-mêmes que lors d’événements exceptionnels. Car, dans le même temps, les attaques virulentes de M. Donald Trump et de son gouvernement contre l’ONU ne faiblissent pas : inefficace, complice de mouvements migratoires criminels, l’organisation serait hostile aux valeurs et au mode de vie américains…

Joignant le geste à la parole, les États-Unis ont quitté des institutions jugées superflues ou intrusives comme l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou le Conseil des droits de l’homme. En 2025, Washington n’a alloué que 2,7 milliards de dollars à l’aide humanitaire, contre 11 milliards en 2024. Pour 2026, il a promis 2 milliards (…)

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