Un décret publié au Journal officiel le 3 mai 2026 donne le feu vert à EDF pour le démantèlement complet de l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim. Les travaux devront être achevés d’ici juin 2048, marquant la fin d’un chapitre énergétique alsacien.
Le gouvernement a franchi une étape décisive dans la reconversion du site de Fessenheim. Par un décret signé le 1er mai par le Premier ministre et les ministres de l’Économie et de l’Énergie, EDF reçoit l’autorisation de procéder au démantèlement intégral de l’ancienne centrale, fermée depuis 2020. Cette décision intervient après un avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) rendu le 29 janvier 2026.
L’opération concerne l’ensemble de l’installation, y compris les parties les plus sensibles comme les réacteurs et l’îlot nucléaire. Comme le rapporte l’AFP, elle se déroulera en quatre phases : démantèlement, assainissement des sols, démolition des bâtiments jusqu’à un mètre de profondeur, puis réhabilitation du site. Les rejets d’effluents radioactifs feront l’objet d’un contrôle rigoureux tout au long du processus.
EDF prévoit également d’installer près du site une usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs, dont l’ouverture est prévue en 2031. Ce projet a ravivé des tensions dans la région, où le Rassemblement National avait tenté en vain de faire voter un amendement pour la réouverture des réacteurs l’été dernier.
Mis en service en 1977, les deux réacteurs de Fessenheim étaient les plus anciens en fonctionnement en France. Leur arrêt définitif en 2020, décidé par Emmanuel Macron, avait marqué la fin d’une ère industrielle. La centrale produisait environ 70 % de la consommation électrique de l’Alsace. Avec ce nouveau décret, le site entre dans sa phase finale de transformation, avant une éventuelle reconversion industrielle ou écologique.