Summer is coming, et les compagnies aériennes replient leurs ailes. Bien que nous n’en manquions pas, les tensions au Moyen-Orient ont fait exploser le prix du kérosène, compliquant par là même la rentabilité des vols. Gouvernements et transporteurs cherchent des solutions de repli en urgence.
Le ciel n’était déjà pas donné ; c’est devenu un luxe que nos économies chancelantes ont du mal à se payer. Certaines rumeurs pointent du doigt le détroit d’Ormuz et les conflits iraniens. C’est une lecture commode qui suggère un problème technique, une rupture de stock, quelque chose que l’on pourrait résoudre avec un peu de diplomatie ou de logistique.
Mais de l’or noir, il y en a, assez pour faire voler tous les avions du monde. Le hic, c’est qu’il coûte simplement trop cher. Il représente aujourd’hui quasiment la moitié des coûts de nos compagnies aériennes. Comme l’explique Emmanuel Combe pour L’Opinion, habituellement, cela se limite à environ un quart des dépenses.
Lufthansa, Turkish Airlines ou Air India ne choisissent pas le silence par caprice, mais par nécessité. Supprimer une ligne, c’est accepter de laisser des villes sans lien, c’est trahir une partie de sa clientèle, mais c’est aussi éviter le crash.
Pragmatique, le gouvernement britannique a pris les devants en autorisant le regroupement des passagers sur des appareils moins nombreux. Un pansement sur une jambe de bois, qui vaut peut-être mieux que rien. En France, le ministère des Transports prépare des aides. Chacun tente de sauver l’apparence, de maintenir le service public à niveau, mais le fond du problème reste entier. Tant que le prix du baril restera à ce niveau, tant que la géopolitique continuera de dicter le cours du pétrole, nous devrons garder les pieds sur terre. Et après tout, pourquoi pas ? La fin du vol bon marché et du tourisme de masse ne sera pas vue d’un mauvais œil par tout le monde.