Depuis 10 ans, Mare Vivu agit sur les côtes corses pour sensibiliser ses habitants à la préservation du patrimoine naturel marin de l’Ile de Beauté. Dynamique et volontaire, l’association agit au quotidien pour mobiliser autour de la nécessité de réduire notre impact sur la biodiversité.
Fondée en 2016 par Pierre-Ange Giudicelli et Anthony-Louis Fusella, deux jeunes corses alors étudiants, Mare Vivu a fait de la pollution plastique son cheval de bataille. Informer, fédérer et inspirer sont devenus les trois piliers fondateurs de l’association, née du constat que déchets et pollution gangrènent la mer comme les terres méditerranéennes.
Chaque année, entre mai et juin, Mare Vivu organise également la Mission CorSeaCare. L’objectif ? Collecter des données sur la biodiversité marine et la pollution plastique en Corse. Pour ça, une équipe de scientifiques embarque à bord d’un catamaran.

Une association qui a su se faire un nom dans le paysage corse
Basée au cœur du village de Pino, au nord de la Corse, Mare Vivu a fait ses débuts sur un trimaran à pédale. « C’était encore un peu « roots » à l’époque, sourit Elara Cosquer, chargée de communication au sein de l’association. Mais, c’est ce qui a permis de constater l’étendue des dégâts, et de commencer le travail de sensibilisation. »
Au fur et à mesure, Mare Vivu se professionnalise et grandit : bénévoles, partenaires, écoles, collectivités locales… L’association se fait un nom dans la région du Nord de la Corse, boostée par la détermination de ses membres.
« Nous avons aujourd’hui des partenariats avec de grandes institutions comme le CNRS, l’Ifremer et Sorbonne Université. »
Mare Vivu mène des actions concrètes alliant science, sensibilisation et accompagnement du territoire. Son but est notamment de « reconnecter les locaux avec leur environnement, afin qu’ils prennent conscience de l’ampleur de la pollution autour du Cap Corse, résume Elara. Nos partenariats nous ont offert une place crédible dans le paysage scientifique. »

Suite à un travail rigoureux d’observation et des années de diagnostics sur des plages ciblées du Cap Corse, l’équipe a identifié quels types de déchets s’accumulent sur les côtes.
« Cela nous pousse à lutter contre la pollution plastique en amont, à réfléchir comment la stopper à la source. Ces observations nous ont permis d’accompagner les communes dans leur gestion des déchets, selon le profil des plages. »
Mare Vivu intervient également auprès du public scolaire, avec des actions de sensibilisation sur le terrain. L’association collabore avec d’autres structures comme MerTerre, axée sur le ramassage, ou des plateformes collaboratives comme Zéro Déchet Sauvage. « Ce travail collaboratif permet de centraliser les données », précise Elara.
Le projet CorSeaCare : collecter des données via une expédition scientifique
Pour la onzième année consécutive, Mare Vivu a organisé sa Mission CorSeaCare. « C’est la deuxième fois seulement que nous avons accès au catamaran, explique Elara. Cela nous offre plus de place à bord, et donc la possibilité d’accueillir plus de partenaires, de scientifiques, de créateurs de contenu… »
Du 30 mai au 12 juin 2026, CorSeaCare parcourt ainsi une large partie du quart nord-ouest de la Corse. L’association y réalise des échantillonnages marins et côtiers, ainsi que des observations visuelles et acoustiques. Car ce projet suit différents protocoles scientifiques. En effet, avec le CNRS, Mare Vivu analyse chimiquement les microplastiques. En parallèle, sa collaboration avec l’Ifremer lui permet de collecter ces microplastiques à l’aide d’un filet manta, tracté à l’arrière du bateau.

« Cette mission, c’est vraiment le point névralgique de l’association, explique Elara. Nous investissons beaucoup de temps dans la préparation de CorSeaCare. Nous sollicitons beaucoup d’invités scientifiques. C’est un projet qui synthétise ce pour quoi on se bat, une vitrine.
On parle pollution plastique, biodiversité marine. Le catamaran connecte tous nos projets, car il rend compte de ce qu’on voit et prélève avec du matériel embarqué. De plus, il sensibilise, permet d’observer les cétacés, valorise la biodiversité, alerte sur la pollution plastique. C’est vraiment notre moyen de faire le lien entre la nature et sa dégradation. »
De beaux projets pour l’avenir de Mare Vivu
Forte de son impact et de son sérieux – notamment récompensé par le prix « Biodiversité » du Ministère de la transition écologique et le concours international Beyond Plastic Med – l’association continue d’évoluer : « Notre but est de valoriser nos actions au quotidien, en axant sur davantage de visibilité. Nous travaillons avec un réseau d’influenceurs qui ne sont pas nécessairement engagés sur le sujet de l’écologie, justement pour toucher un public plus large. »
Côté scientifique, les protocoles sont de plus en plus poussés, notamment autour de l’observation acoustique. En offrant à des scientifiques la possibilité d’embarquer sur leur catamaran, les membres de Mare Vivu accèdent à leur matériel et leurs connaissances. En échange, les scientifiques bénéficient de l’opportunité d’aller observer en mer. L’association prévoit d’ailleurs de réduire les escales, afin de pouvoir partir plus au large et de multiplier les observations marines.

« Nous ne manquons pas d’envie ni d’ambition ! sourit Elara. Le but premier est de développer les projets existants, mais également de trouver des financements et de répondre à des appels à projets d’organismes comme l’ADEME. Nous voulons aussi développer nos partenariats, sensibiliser les professionnels, localiser les envols de déchets, remonter la chaîne de leur production… »
En travaillant encore davantage sur sa communication, Mare Vivu espère toucher le grand public, et pas uniquement en Corse. Car la pollution plastique est partout, et chacun peut agir à son échelle pour la réduire.
Les aventures de Mare Vivu peuvent être suivies sur Facebook.
– Marie Waclaw
Photo de couverture : ©Mare Vivu
The post En Corse, l’association Mare Vivu lutte contre la pollution plastique first appeared on Mr Mondialisation.
Source : Lire l’article original