Mucem : un proche des Macron dans la tourmente judiciaire et syndicale à Marseille

Après trois mois de crise ouverte, les difficultés s’amoncellent autour de Pierre-Olivier Costa au Mucem. Enquête préliminaire pour harcèlement sexuel et moral, plainte pour favoritisme, rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) et fronde massive des salariés : ce proche du couple présidentiel voit sa position fragilisée.

Une accumulation de signalements

Ancien chef de cabinet de Brigitte Macron et proche d’Emmanuel Macron depuis 2017, Pierre-Olivier Costa dirige le Mucem depuis fin 2022. Mi-mars 2026, le parquet de Marseille ouvrait une enquête préliminaire après un signalement pour harcèlement sexuel et moral déposé par un cadre du musée. Ce dernier, actuellement en arrêt maladie, accuse Costa de faits survenus lors d’une rencontre estivale au sein de l’établissement. « Ce sont des accusations infondées », se défend l’intéressé qui a porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

L’affaire s’ajoute à une saisine du collège de déontologie du ministère pour des soupçons de favoritisme. La directrice scientifique aurait notamment avantagé son compagnon et un proche dans des promotions et recrutements.

Une prestataire extérieure, épouse d’un artiste exposé au Mucem, a aussi vu sa mission contestée. Ces dysfonctionnements présumés interviennent dans un climat social dégradé. Une lettre ouverte de l’intersyndicale datée du 16 juin réclame la « suspension temporaire » de Costa.

79 salariés sur 129 ont signé un texte dénonçant un « management toxique », des décisions prises en urgence et un « climat de guerre civile ».

Des précédents dans l’entourage macronien

Cette affaire n’est pas isolée. D’autres proches du pouvoir ont été rattrapés par des accusations similaires, comme Laurent Bigorgne, ex-directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, visé pour avoir drogué une collaboratrice, ou des cas de harcèlement moral au sein de cabinets ministériels.

Un rapport de l’Igac, fruit de plus de cinquante auditions, doit éclairer la ministre Catherine Pégard. Sa décision, attendue prochainement, et un conseil d’administration le 3 juillet pourraient sceller le sort de Costa. Au Mucem, la tempête révèle des tensions profondes entre salarié et direction du musée marseillais dans un contexte de fin de règne délicat pour Emmanuel Macron, éclaboussé, indirectement, par cette affaire.

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