France : le «fait religieux» au travail au plus haut, selon l’Institut Montaigne

« L’édition 2026 du baromètre confirme une progression nette et continue du fait religieux en entreprise », statut l’Institut Montaigne, dans son baromètre 2026, réalisé auprès de 4050 salariés (dont près de la moitié sont des managers) avec « 79 % de répondants » rapportant « repérer des faits religieux dans leur situation de travail », régulièrement ou occasionnellement. Un niveau inédit depuis la création du baromètre en 2013, a souligné le Think tank.

En forte progression, figure le port de signes religieux sur le lieu de travail. « Il est cité par 50 % des répondants en 2026, contre 34 % en 2024 et 21 % en 2022 », soulignent les auteurs de ce rapport. Ceux-ci notent qu’il s’agirait d’un « phénomène » qui « devient plus féminin, plus jeune et plus concentré dans les catégories populaires ».

Toujours selon cette source, les « situations » concernant « exclusivement » des femmes sont dorénavant plus nombreuses que celles concernant des hommes. Pour autant, ces derniers restent très majoritaires dans les « comportements les plus problématiques » à savoir les « refus de travailler avec une femme, refus de certaines tâches, prosélytisme ou prière pendant le temps de travail ». Dans un cas comme dans l’autre, « les moins de 40 ans concentrent 86 % des situations observées », peut-on encore lire.

Discrimination à l’embauche : un « sentiment » présent chez le tiers des salariés musulmans pratiquants

Avec cette hausse, la « perception » du fait religieux se « dégrade » selon l’étude, avec 37 % des répondants qui « le jugent négatif et perturbateur, contre 28 % en 2024 et 21,9 % en 2022 ». Une « crispation » qui « coexiste avec un sentiment de hausse des situations de stigmatisation et de discrimination », ajoutent les auteurs du document, qui évoquent des « formes qui diffèrent » suivant les religions qui seraient « toutes concernées ». Ainsi, « la stigmatisation progresse fortement à l’égard des salariés juifs » et du côté des salariés musulmans pratiquants 30 % « disent avoir eu le sentiment d’être discriminés lors d’un processus de recrutement, contre 8 % pour l’ensemble des salariés pratiquants ».

En parallèle de toutes ces hausses liées au « fait religieux » dans l’environnement de travail, le baromètre met en avant une hausse de la « demande de neutralité » au sein de la très large majorité des répondants. « 81 % des répondants estiment désormais que le principe de neutralité religieuse issu de la laïcité devrait s’appliquer aux entreprises privées, alors même que le cadre juridique applicable reste fondé sur la liberté de conviction ».

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