
Le 13 juillet, le tribunal administratif de Paris a rendu une décision claire. Il a suspendu l’obligation du QR code et de la pièce d’identité (suite à une plainte déposée par une association). Les Français pouvaient donc accéder librement au secteur des Champs-Élysées pour le défilé militaire. Cette victoire en référé a redonné espoir à ceux qui défendent l’accès public à un espace emblématique. Pourtant, la fête nationale risquait déjà de se transformer en opération de contrôle.
Le ministère de l’Intérieur n’a pas accepté cette défaite. Il a immédiatement fait appel devant le Conseil d’État. En pleine nuit, à deux heures du matin, le juge des référés a annulé l’ordonnance du tribunal administratif. Il a rétabli le dispositif QR code plus pièce d’identité. La raison officielle invoquée reste la « sécurité ». La bonne affaire ! La présence de chefs d’État étrangers, dont le président ukrainien, justifierait selon lui ce filtrage d’urgence. Le débat sur la légalité définitive reste pourtant ouvert pour les mois à venir.
Le QR code pour éviter hués et casserolades…
En réalité, beaucoup perçoivent une autre motivation derrière ce revirement spectaculaire. Macron semble redouter les réactions populaires. Les sifflets, les casserolades et le souvenir des Gilets jaunes continuent de hanter l’exécutif. Plutôt que d’affronter une foule libre d’exprimer son mécontentement, les autorités préfèrent verrouiller l’accès. La préfecture de police a appliqué les consignes venues d’en haut et en toute connaissance de cause de l’illégalité de la demande. Ce choix transforme un espace public historique en zone contrôlée. On passe d’une fête nationale ouverte à un événement filtré et surveillé.

Par ailleurs, cette affaire révèle un glissement inquiétant. Le QR code implique un traitement de données personnelles qui pose question. Le tribunal administratif avait jugé la mesure disproportionnée en première instance. Le Conseil d’État l’a seulement maintenue pour des raisons d’urgence immédiate. Il n’a pas tranché le fond du dossier. Ce précédent fragilise l’accès citoyen aux lieux symboliques de la République. La France glisse vers plus de restrictions au nom de la sécurité. Pourtant, le 14 juillet incarne aussi la liberté et la fête populaire.
De plus, qualifier ce dispositif de simple mesure technique ne suffit plus. Il s’agit bien d’une forme de privatisation temporaire d’un espace public majeur. Les citoyens se retrouvent obligés de s’enregistrer pour assister à un défilé qui appartient à tous. C’est une limitation évidente du droit d’aller et venir. Cette logique de contrôle numérique s’ajoute aux tensions déjà vives. Le peuple mérite une fête nationale sans tracasseries inutiles. L’État de droit a fonctionné avec le tribunal administratif. Mais le résultat final laisse un goût amer.

La démocratie ne se limite pas à des décisions rendues en pleine nuit. Elle suppose aussi le respect du cadre populaire et des libertés fondamentales. Ce 14 juillet restera marqué par ce bras de fer entre justice et pouvoir exécutif. C’est d’autant plus grave que l’Assemblée et le Sénat ne cessent de faire voter des lois liberticides jusqu’à aller traiter toute contestation populaire d’ingérence intérieure !
Le plus inquiétant, vraiment inquiétant, c’est le fait qu’un bon nombre de Français trouvent cela normal. Ils ont déjà été dressés avec la crise sanitaire de 2020 qui a normalisé l’utilisation des QR code. Bon nombre d’entre eux ne trouverait rien à redire si on leur imposait un QR code pour rentrer chez eux, dans leur propre domicile. En réalité c’est ça le problème de la France aujourd’hui, ce n’est pas l’élite corrompue qui inquiète mais la passivité et la docilité d’une grande majorité de la population. Est-elle stupide, lâche, arrogante au point de croire que la France est une démocratie exemplaire pour l’éternité… probablement un peu de tout ça.
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