Le Burkina Faso et l’Union africaine semblent amorcer une nouvelle phase de dialogue. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, est arrivé le 14 juillet à Ouagadougou pour une visite officielle de trois jours, marquant sa première venue dans le pays depuis son accession à la tête de l’institution continentale.
À son arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou, le responsable africain a été accueilli par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de l’ambassadeur du Burkina Faso auprès de l’Union africaine, Élysée Ouédraogo.
Mahamoud Ali Youssouf a présenté cette visite comme une démarche de rapprochement et de concertation avec un État membre de l’organisation. Selon lui, le Burkina Faso occupe une place particulière dans l’histoire africaine, étant considéré comme l’un des pays fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’actuelle Union africaine.
« Le Burkina est un État membre de notre Union africaine et fondateur de l’Unité africaine », a déclaré le président de la Commission de l’UA, estimant que son rôle était de venir « consulter et travailler avec le gouvernement » afin de trouver des solutions communes aux difficultés du continent.
« Réchauffement » progressif des relations
Au cours de son séjour, le dirigeant africain doit rencontrer les autorités burkinabè afin d’examiner les moyens de renforcer les relations entre Ouagadougou et l’organisation panafricaine. Les discussions devraient notamment porter sur les enjeux sécuritaires, la stabilité régionale et les mécanismes de coopération entre les États du Sahel et l’UA.
Cette visite intervient dans un contexte particulier. Le Burkina Faso a été suspendu des institutions de l’Union africaine en 2022, à la suite du changement de pouvoir intervenu dans le pays. Comme le Mali et le Niger, il a depuis renforcé sa coopération avec ses voisins sahéliens au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Le déplacement de Mahamoud Ali Youssouf s’inscrit d’ailleurs dans une tournée auprès des pays membres de cette confédération. Après une première étape au Mali, il poursuit son déplacement au Burkina Faso, avec l’objectif affiché de favoriser le dialogue et de renforcer la solidarité africaine.
Pour la diplomatie burkinabè, cette rencontre témoigne d’un « réchauffement » progressif des relations avec l’Union africaine. L’organisation continentale cherche de son côté à maintenir un canal de discussion avec les pays sahéliens confrontés à de graves défis sécuritaires, économiques et politiques.
Cette visite pourrait ainsi constituer une étape importante dans la reprise du dialogue entre Ouagadougou et Addis-Abeba, même si plusieurs questions restent ouvertes concernant la place future du Burkina Faso au sein des institutions africaines.
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