GÉOPOLITIQUE
Sommaire
- Les élections palestiniennes du 28 novembre auront-elles lieu ?
- Le décret d’Abbas : un scrutin inédit depuis 2006
- Jibril Rajoub sème le doute
- Gaza, l’inconnue du scrutin
- La pression internationale derrière l’annonce
- Le rôle trouble d’Israël
- Conclusion
- Rappel sur les limites de cet article
- Questions fréquentes
- Sources
Les élections palestiniennes du 28 novembre auront-elles lieu ?
La date du 28 novembre 2026 reste officiellement inchangée selon la Commission électorale centrale palestinienne (CEC), mais elle est publiquement contestée depuis le 10 septembre par Jibril Rajoub, secrétaire général du Comité central du Fatah, qui réclame un « dialogue national » préalable — sans qu’aucun report officiel n’ait été annoncé à ce stade.
Le décret d’Abbas : un scrutin inédit depuis 2006
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, âgé de 90 ans, a promulgué un décret présidentiel appelant « le peuple palestinien de Jérusalem, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza » à participer à des élections législatives le 28 novembre 2026. Ce serait le premier scrutin de ce type depuis 2006, année où le Hamas avait remporté une victoire décisive face au Fatah — un résultat qui avait précipité la rupture entre les deux mouvements et la partition de fait entre la Cisjordanie (Fatah) et Gaza (Hamas). Depuis 2007, le Conseil législatif palestinien n’a plus jamais été convoqué, et Abbas gouverne par décret depuis l’expiration de son mandat présidentiel, en 2009.
Jibril Rajoub sème le doute
Le 10 septembre, Jibril Rajoub a publiquement contredit l’agenda présidentiel en affirmant qu’« il n’y aura pas d’élections » à la date prévue, appelant à « un dialogue national palestinien global permettant de parvenir à un consensus sur les modalités de leur tenue ». Une déclaration lourde de sens venant du numéro deux du parti d’Abbas lui-même, qui illustre les divisions internes au sein même du Fatah sur l’opportunité et les modalités de ce scrutin.
Face à cette sortie, la Commission électorale centrale a maintenu sa position : le calendrier du 28 novembre reste, à ce jour, officiellement inchangé.
Gaza, l’inconnue du scrutin
Le décret d’Abbas inclut explicitement Gaza dans le corps électoral, alors que le territoire reste administré, depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, par un comité technocratique nommé sous influence américaine. Le Hamas y a annoncé la dissolution de son administration locale, mais son poids politique et sa capacité de mobilisation électorale restent une inconnue majeure pour tous les autres acteurs du scrutin, vingt ans après sa victoire de 2006.
La pression internationale derrière l’annonce
Plusieurs observateurs relient l’annonce de ce scrutin à la pression exercée par la communauté internationale, au premier rang de laquelle l’Union européenne, qui finance une large part du budget de l’Autorité palestinienne et réclame de longue date des réformes de gouvernance face aux critiques récurrentes sur la corruption et le déficit de légitimité démocratique de Ramallah — Abbas n’ayant jamais été réélu depuis la fin de son mandat en 2009.
Le rôle trouble d’Israël
Au-delà des divisions internes palestiniennes, l’organisation matérielle du scrutin se heurte à des obstacles considérables liés au contrôle sécuritaire israélien sur la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est annexée. Selon un expert palestinien cité par la presse spécialisée, Israël « cherche à se débarrasser de l’Autorité palestinienne » et pourrait, activement ou passivement, entraver le bon déroulement du processus électoral — une hypothèse qui n’a toutefois pas été confirmée par une déclaration officielle israélienne à ce sujet.
À noter — Ce scrutin s’inscrit dans un contexte régional où Liberta Press suit déjà les sanctions prises par douze pays occidentaux contre les colonies israéliennes, signe de tensions diplomatiques croissantes autour du statut des territoires palestiniens.
Conclusion
Vingt ans après la dernière consultation qui avait scellé la partition entre Cisjordanie et Gaza, l’annonce d’élections législatives palestiniennes ouvre une fenêtre démocratique aussi prometteuse que fragile. Entre les réticences internes du Fatah, l’incertitude sur le rôle électoral du Hamas à Gaza et les obstacles sécuritaires posés par Israël, le chemin qui sépare l’annonce du 28 novembre de sa tenue effective reste semé d’embûches — pour un peuple qui, lui, attend depuis deux décennies de pouvoir à nouveau voter. Retrouvez le contexte plus large de la région dans notre rétrospective sur l’évolution des relations entre l’Iran et Israël depuis 1948.
Rappel sur les limites de cet article
Aucun report officiel du scrutin n’a été confirmé à la date de publication : les déclarations de Jibril Rajoub constituent une prise de position interne au Fatah, pas une décision institutionnelle actée par la Commission électorale centrale. L’hypothèse d’une entrave israélienne au processus électoral repose sur l’analyse d’un expert cité par la presse, non sur une déclaration officielle du gouvernement israélien. La position exacte du Hamas sur sa participation ou non au scrutin n’a pas pu être confirmée de façon indépendante à ce stade.
Questions fréquentes
Quand ont eu lieu les dernières élections législatives palestiniennes ?
En 2006, un scrutin remporté par le Hamas face au Fatah de Mahmoud Abbas, ce qui avait conduit à la rupture entre les deux mouvements.
Gaza participera-t-elle aux élections du 28 novembre ?
Le décret d’Abbas inclut Gaza dans le corps électoral, mais le territoire est actuellement administré par un comité technocratique sous influence américaine depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, ce qui complique l’organisation pratique du vote.
Pourquoi Jibril Rajoub s’oppose-t-il à la date du 28 novembre ?
Il réclame un dialogue national préalable pour dégager un consensus sur les modalités du scrutin, sans détailler publiquement les points de désaccord précis.
Sources
- Times of Israël — Abbas annonce que les premières élections législatives palestiniennes se tiendront le 28 novembre
- La Libre — Les législatives n’auront pas lieu en novembre, selon un responsable palestinien
- RFI — Territoires palestiniens : les législatives du 28 novembre auront-elles bien lieu ?
- Liberta Press — Sanctions contre les colonies israéliennes
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