Retraites des fonctionnaires en France : la Cour des comptes clarifie les 65 milliards d’euros annuels et leur opacité

La haute juridiction financière a rendu public un document attendu sur les retraites des fonctionnaires de l’État, commandé par la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Elle y détaille le coût de 65 milliards d’euros versés en 2025 et les écarts de cotisations avec le secteur privé, tout en rejetant officiellement l’idée d’un déficit caché.

Des taux de contribution très élevés, mais pas de privilèges majeurs

Alors que les employeurs du privé cotisent autour de 17 %, l’État contribue à hauteur de plus de 80 % pour les fonctionnaires civils et de plus de 120 % pour les militaires. La Cour des comptes explique ces écarts par des différences structurelles : le régime public couvre à la fois la retraite de base et complémentaire, les cotisations ne portent que sur le traitement indiciaire (hors primes) et le ratio démographique est plus dégradé, avec moins d’un cotisant pour un retraité dans un contexte de réduction des effectifs et de vieillissement de la population française.

Après retraitements (invalidité, solidarité, déséquilibre démographique estimé à 22 milliards), les taux « stricto sensu » descendent à 44 % pour les civils et 51 % pour les militaires. « Pour la première fois, on décompose les éléments qui permettent de comprendre et d’objectiver les 65 milliards d’euros », a souligné Bernard Lejeune, président de la chambre sociale de la Cour.

Sur les réseaux sociaux, les comptes hostiles à la pression fiscale ont réagi à cette nouvelle dans un contexte de tension autour de la question des retraites et de conflits de générations : « On découvre (encore) l’addition géante qu’on paye sans voir la facture détaillée. »

La Cour insiste : à rémunération brute identique, la pension moyenne des fonctionnaires sédentaires serait quasiment la même avec les règles du privé. L’âge de départ est proche (autour de 63,5 ans).

Le rapport n’est pas sans susciter quelques critiques à l’égard de la Cour des comptes et des magistrats. Ainsi, le Syndicat national des cadres des douanes s’indigne : « Qu’ils donnent l’exemple, en effet ! Nombre de fonctionnaires hors échelle ? Régime indemnitaire ? Nombre de magistrats en disponibilité ou détachés ? Moyenne de la masse salariale comparée à celle des autres services publics ? Etc. »

La Cour recommande, en outre, de clarifier le compte d’affectation spéciale Pensions, en distinguant mieux cotisations, contributions d’équilibre et droits spécifiques, et de réexaminer certains départs anticipés jugés parfois mal ciblés. Le sujet ne devrait pas échapper aux débats budgétaires de rentrée.

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