Aujourd’hui, les aliments ultratransformés représentent une part massive de l’offre et de l’apport calorique. Face à ce constat, Foodwatch, Yuka et France Assos Santé lancent une pétition pour encadrer leur promotion, notamment auprès des mineurs. Malgré l’accumulation d’études scientifiques et des annonces politiques récentes, le gouvernement tarde à agir et laisse perdurer un flou réglementaire exploité par les industriels.
On croyait avoir tiré les leçons du tabac, mais la recette marketing prospère toujours quelque part. Audrey Morice, qui a accordé un entretien à Reporterre, l’assume sans détour et affirme que « les fabricants de produits ultratransformés ont recours aux mêmes méthodes ». Publicités ciblées, influenceurs, emballages ludiques, tout concourt à banaliser des produits conçus pour être irrésistibles. Cette stratégie s’appuie aussi sur un brouillage scientifique financé par les industriels eux-mêmes, qui orientent le débat vers la responsabilité individuelle plutôt que vers la composition des produits.
Dans les faits, la recherche s’accumule et le lien avec des pathologies lourdes se précise. The Lancet évoque une hausse des maladies cardiovasculaires et du diabète, tandis que le British Medical Journal souligne des corrélations avec la dépression et l’anxiété. Pourtant, l’absence de définition juridique claire en Europe bloque toute régulation. La classification Nova existe, reconnue par l’OMS et l’Anses, mais reste sans traduction contraignante.
Ailleurs, certains États avancent. Le Chili ou le Mexique imposent des avertissements visibles, le Portugal limite la publicité ciblant les jeunes, le Royaume-Uni serre la vis sur les créneaux de diffusion. En France, les intentions s’empilent mais les arbitrages freinent.