Le GNL russe a couvert l'ensemble des importations belges en juillet

La Belgique a fait du gaz naturel liquéfié russe (GNL) son principal approvisionnement énergétique durant le mois de juillet, rapporte Bloomberg le 3 août. Cette situation est liée à la réduction des livraisons vers l’Europe provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Il s’agit uniquement du GNL transporté par méthaniers.

Au cours du mois de juillet, la Belgique a importé près de 400 000 tonnes de GNL russe. Le volume total des importations de GNL du pays a reculé de plus de 40 % par rapport à l’année précédente. En parallèle, le pays continue de recevoir du gaz naturel par gazoduc depuis la Norvège et le Royaume-Uni.

Selon Bloomberg, les entreprises européennes ont largement renoncé, cet été, à acheter des cargaisons supplémentaires de GNL pour remplir les stocks souterrains avant l’hiver à cause de la flambée des prix. L’agence de presse américaine estime que cette situation pourrait entraîner une crise énergétique différée. Dans le même temps, le conflit au Moyen-Orient et les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz ont fortement réduit les livraisons en provenance du Qatar et d’autres producteurs du Golfe, poussant les acheteurs à se tourner davantage vers le gaz russe.

L’année dernière encore, la Belgique recevait du GNL de plusieurs fournisseurs. Environ 16 % de ses importations provenaient notamment du Qatar. Après la dégradation de la situation au Moyen-Orient, ces approvisionnements se sont révélés particulièrement vulnérables.

Cette évolution complique la mise en œuvre de la politique énergétique de l’Union européenne. Depuis avril 2026, les entreprises européennes ne peuvent plus conclure de contrats à court terme portant sur la livraison de GNL russe. L’importation de ce combustible sera entièrement interdite à compter du 1er janvier 2027, avant celle du gaz acheminé par gazoduc, prévue pour le 30 septembre de la même année. Moscou considère ces sanctions comme illégales.

Le gaz russe conserve une place importante dans l’UE

La Russie reste néanmoins le deuxième fournisseur de GNL de l’Union européenne derrière les États-Unis. Selon l’organisation environnementale allemande Urgewald, les pays de l’UE ont importé au premier semestre 2026, 16 % de GNL russe de plus qu’un an auparavant, pour une valeur de 5,96 milliards d’euros. Les principaux importateurs ont été la France, la Belgique et l’Espagne.

En parallèle, les pays de l’UE et du G7 examinent le remplacement du plafonnement du prix du pétrole russe par une interdiction totale du transport maritime de ce pétrole.

En juillet, Reuters indiquait que, malgré ces mesures, l’Europe commençait la saison automne-hiver avec des réserves de gaz les plus faibles depuis 2021. Les stocks souterrains étaient remplis à environ 55 %, tandis que les importations de GNL ont reculé en juillet à près de 6,3 millions de tonnes, soit leur niveau le plus bas depuis septembre 2024, d’après Kpler. L’une des principales raisons avancées est la forte augmentation des achats de GNL par les pays asiatiques.

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