Mouvement lycéen : une terreur époustouflante pour étouffer la contestation !


Le mouvement lycéen est né le 17 septembre, à Créteil. Vingt-deux jours plus tard, 6 877 élèves étaient passés par la garde à vue, d’après Le Canard enchaîné. C’est trois fois plus qu’en 2006, lors de la mobilisation contre le CPE ; le chiffre donne le vertige. Il dit l’ampleur d’une réponse policière visant, en grande majorité, des adolescents, en d’autres termes des « enfants » : 86 % d’entre eux ont entre 14 et 18 ans.

Mouvement lycéen : une stratégie de la peur ?

Pourquoi tant d’arrestations ? Selon l’hebdomadaire, la place Beauvau aurait ordonné de « ratisser large ». Un tiers des lycéens ont été arrêtés pour un simple « attroupement non autorisé ». Un commissaire explique la manœuvre sans détour : effrayer élèves et parents pour stopper la fronde au plus vite. Des notes de renseignement parlent même d’un « grand ramassage ». La stratégie classique des régimes autoritaires. La garde à vue ressemble alors moins à une procédure qu’à un avertissement.

Les policiers eux-mêmes s’inquiètent. Un chef reconnaît que les dérapages se multiplient avec les interpellations, surtout quand on envoie au front des troupes non spécialisées dans le maintien de l’ordre. Un autre grand classique du maintien de l’ordre en macronie.

Les familles sont visées elles aussi, ce qui encore plus fou. Début octobre, plusieurs préfets ont écrit aux parents de mineurs interpellés. Leur demande est claire : empêcher l’enfant de manifester dans les prochains jours. De son côté, le garde des Sceaux Gérald Darmanin – aka Gégé la Turlutte – a réclamé aux parquets de faire payer les parents de casseurs. L’adolescent n’est donc plus seul face à l’autorité, car ses parents reçoivent le message aussi.

Des blessés par centaines et un fichage qui inquiète

Le bilan physique est très lourd. Plus de 200 élèves ont été blessés : main arrachée, doigt coupé, œil crevé, mâchoire fracturée… À Lens, un lycéen a même été amputé ! Oui, on est en France ! Le journal recense 145 grenades de désencerclement, et l’IGPN a ouvert vingt-quatre enquêtes. Il a fallu attendre le 7 octobre pour que Laurent Nuñez suspende la grenade assourdissante. La France étant le seul pays européen à utiliser ces armes de guerre face à sa population civile. Le régime est tellement terroriser à l’idée de perdre le pouvoir et devoir rendre des comptes qu’il frappe très fort.

Le 1er octobre, 1 027 établissements étaient chahutés ou bloqués. Impossible d’envoyer des CRS devant chacun d’eux. Les commissariats ont donc dépêché des brigades mal préparées, qui ont fait un usage immodéré des lanceurs de balles de défense.

Le fichage inquiète aussi les enseignants. Le 22 septembre, au lycée Galilée de Cergy, un message a circulé sur Pronote. Le proviseur y relayait un « référent police », qui demandait de signaler les mouvements d’élèves et de transmettre les tracts !!! Des professeurs veulent savoir quelles garanties entourent ces informations, et si elles finiront dans un fichier de police. Le rectorat de Versailles répond qu’il s’agissait seulement de prévenir des « actions violentes ». Ce qui n’est pas convaincant comme argument. Ajoutant qu’il  y a toujours eu des kapos pour faire le sale boulot.

Reste le procès politique. Selon le journal, le Premier ministre Lecornu voulait d’abord poursuivre Jean-Luc Mélenchon pour « incitation à la rébellion ». Il a finalement laissé son ministre déposer une plainte pour diffamation. Le préfet de police de Paris a aussi saisi la justice contre le maire insoumis de Saint-Denis. Cette logique dit beaucoup : si la jeunesse est manipulée, elle ne peut pas être entendue.

Il suffit d’observer le matériels des CRS hyper chargés et armés pour comprendre à quel point le maintien de l’ordre n’en est plus un. On est plutôt dans le maintien du désordre et du pillage des plus riche par la terreur !


Policiers CRS hyper armés
Policiers CRS hyper armés

Sans oublier la censure et le vol des pancartes des manifestants qui n’est rien d’autre qu’un mépris total du droit et une énième preuve de la dérive autoritaire du gouvernement.

Imaginez une seconde un autre pays utiliser ces stratégies de répression comme la Russie, l’Iran… Ces derniers auraient été immédiatement mis à l’index et leur comportement traité d’indigne et de scandaleux à juste titre !

Que retenir de ce mouvement lycéen ?

Pour les critiques, l’État traite la contestation comme un problème d’ordre public, non comme un fait politique. Ses défenseurs rappellent que plus de mille établissements ont été bloqués ou chahutés. Ils soulignent aussi que l’IGPN enquête (sic), que la presse publie et que les juges tranchent (resic). Un chiffre comptera désormais : combien de gardes à vue seront classées sans suite ? Il dira si l’arrestation tenait lieu de sanction. À l’instar des pancartes volées sans contravention ni PV ! Au-delà des chiffres, la question reste politique : jusqu’où un gouvernement peut-il aller pour sauver ses miches alors que la colère explose partout dans le pays et dans tous les secteurs.




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