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Dans un discours au ton ferme, le président français – après avoir tenu à faire la distinction entre les casseurs et les manifestants et lycéens «dont la parole doit être entendue» – a annoncé ce 18 octobre la tenue «dans les prochains jours» de réunions en vue de répondre à leurs «revendications légitimes».
« En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé : qu’ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? ». Prenant la parole «dans un moment d’une extrême gravité », le président français a dénoncé ce 18 octobre dans une allocution télévisée d’une dizaine de minutes les exactions qui ont eu lieu la veille en marge de la mobilisation contre la vie chère.
« Hier […] des factieux, issus de groupes d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes », a-t-il fustigé, revenant sur les pillages de commerces, les destructions d’établissements publics — notamment la mairie de Limoges incendiée — et les « plusieurs centaines» de blessés parmi les forces de l’ordre. «Rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse », a martelé le président français, à l’heure où des violences secouent à nouveau Paris et Marseille.
« Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte, voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable », a-t-il poursuivi, adressant notamment son soutien aux commerçants victimes des violences. « Certains ont défendu eux-mêmes leur magasin et leur vitrine face aux délinquants », a-t-il souligné, les assurant que le gouvernement « leur apportera des réponses. »
Assurant avoir demandé au gouvernement de « tirer toutes les leçons en matière de renseignement et d’anticipation », plusieurs syndicats policiers et élus accusant l’exécutif d’avoir mal anticipé les débordements pouvant survenir lors de cette journée de mobilisation nationale, le président français a appelé à un «suivi judiciaire […] exemplaire ». « Les juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez », a-t-il affirmé et d’ajouter que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser, ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre».
« Il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble des solutions »
Le locataire de l’Élysée a également appelé à «regarder lucidement ce qui s’exprime dans le pays», renvoyant aux « centaines de milliers » de manifestants qui ont défilé dans les rues le 17 octobre contre la vie chère. Des flambées de prix, s’est-il à nouveau défendu, « qui trouvent leur source dans le conflit lancé dans le Golfe persique auquel la France n’a pas pris part ».
Emmanuel Macron est également revenu sur l’« angoisse profonde » qu’exprimerait la jeunesse française. « Je comprends, nos lycéens et nos étudiants, ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans», a-t-il affirmé avant de renvoyer à la « plateforme » mise en place par le gouvernement ainsi qu’aux « réunions tenues au niveau des académies et des lycées » qui, selon lui, devraient permettre de « construire des réponses adaptées ».
« Oui, il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble des solutions, élèves, étudiants, enseignants, représentants des organisations patronales et syndicales, collectivités territoriales, parlementaires travailleront dès cette semaine avec le gouvernement à des propositions concrètes », a par ailleurs déclaré le chef de l’État français, annonçant que son Premier ministre « les réunira dans les prochains jours à cet effet », tout en assurant que « l’écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l’impunité ».
« J’appelle l’ensemble des partis politiques, des organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme », a-t-il encore déclaré, estimant que «chacun doit prendre ses responsabilités » et que « le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade ». Le président français a notamment déclaré que les préfets «prendront les décisions» qu’ils jugeraient nécessaires afin de protéger les villes, allant jusqu’à « interdire » si nécessaire « certains rassemblements ».