Alors qu’un troupeau entièrement vacciné vient d’être abattu en Sardaigne après que quelques cas ont contracté la DNC (Dermatose Nodulaire Contagieuse), l’éleveuse ariégeoise Christelle Record, dont le cheptel a été vacciné de force il y a moins de deux semaines, hausse le ton. Après une déclaration remarquée sur France 3 Régions, elle lance un appel solennel à ses soutiens.
La Sardaigne comme révélateur
L’information est venue d’Italie comme un séisme : « cinq animaux malades, 190 bovins issus d’un troupeau vacciné ont été abattus cette semaine en Sardaigne – une vie de sacrifice anéantie » peut-on lire dans la Nuova.

Une donnée qui contredit frontalement l’argument central brandi par les autorités françaises pour justifier la campagne vaccinale obligatoire.
Car le 16 avril dernier, devant le juge des libertés et de la détention (JLD) à Toulouse, la sous-préfète avait affirmé — sans preuve — que les cas de contamination en Sardaigne étaient issus d’un troupeau non vacciné. Une information reprise par le préfet, et qui a pu peser dans la décision judiciaire. Ce 16 avril, le ministère de la santé Italien publiait un communiqué indiquant que les cas étaient d’un troupeau vacciné, une information révélée par France-Soir.
« cette nouvelle des 190 vaches abattues d’un troupeau vacciné, vraiment, ça renforce la demande que j’ai faite hier » déclare Christelle Record.
Pour l’éleveuse, la conclusion est sans appel : « quand on sait que ç’aurait peut-être pu changer la donne de la décision du juge, vraiment, c’est très dur pour moi aujourd’hui de dire ça » .
L’article 40 comme arme juridique
Forte de cette révélation, Christelle Record a appelé hier sur France 3 Régions à une mobilisation citoyenne inédite : elle demande à ses soutiens -et à toute personne ayant suivi l’affaire -d’adresser un signalement au procureur en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale. L’objectif : dénoncer les agissements de la sous-préfète et de l’équipe vétérinaire présente lors de l’intervention sur son exploitation, et déclencher une enquête préliminaire pour cruauté sur animaux.
« Vous pouvez faire en sorte que leurs agissements soient l’objet d’un signalement selon article 40 du Code de procédure pénale.
Cet article dit la chose suivante : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur. »
Toute personne du public peut faire ce signalement, par écrit, à l’attention de monsieur Olivier Mouysset, procureur de Foix, pour lui demander d’ouvrir une enquête préliminaire contre les vétérinaires et la sous-préfète pour des actes de cruauté contre animaux lors de leurs interventions à la ferme du Soulé le 17 avril 2026. »

« il faut absolument prendre ces responsabilités », a-t-elle martelé, précisant que le signalement peut être envoyé en lettre recommandée ou en papier libre directement au procureur. Qu’un média grand public comme France 3 Régions s’empare de l’affaire est déjà perçu, dans l’entourage de l’éleveuse, comme une victoire symbolique.
« Ils ont violé beaucoup de droits »
Revenant sur la journée du 18 avril, lors de laquelle ses bovins ont été vaccinés malgré son refus et son objection de conscience, Christelle Record est particulièrement sévère : « Ils ont violé beaucoup de droits » . Elle estime avoir été délibérément ciblée en raison de son refus exprimé il y a trois mois auprès de la préfecture, et affirme que son dossier de santé globale — incluant une étude des sols, des eaux et des greffes fécales sur ses bovins — a été présenté au ministère de l’Agriculture, qui l’a rejeté sans examen sérieux.
Un appel aux responsables politiques
Au-delà de ses soutiens, c’est aux responsables politiques que s’adresse directement l’éleveuse ariégeoise. Elle les invite à « réfléchissez bien et posez-vous la question de savoir si vraiment cet abattage total doit être toujours en vigueur . Avec le retour des chaleurs et des vecteurs au printemps, elle craint que d’autres troupeaux vaccinés soient frappés puis abattus.
Sur l’étiquette « antivax » que certains lui collent, elle répond avec une formule tranchante : « ceux qui sont dans l’idéologie, pour moi, c’est l’État », estimant que ses pratiques agro-écologiques — ignorées par les pouvoirs publics — auraient pu servir de modèle. Hier, dans une longue interview, Me Protat et Me Tribalat avait dépeint le récit accablant du traitement réservé à Christelle Record.
« J’ai perdu une bataille, mais pas le combat »
Malgré la douleur de voir son cheptel vacciné de force, Christelle Record n’entend pas s’arrêter là. Elle conclut sur une phrase qui résume son état d’esprit :
« J’ai perdu une bataille, mais je n’ai pas perdu le combat. Je suis devant, bien ancrée et je compte arriver au bout. » conclut Christelle Record.
L’affaire prend désormais une dimension européenne. La question posée par le cas sarde – un vaccin qui n’empêche ni la contamination ni l’abattage – risque de s’inviter dans le débat politique bien au-delà de l’Ariège.