1er mai 2026 : muguet ou travail ? L’abondance qui change tout


Chaque 1er mai porte cette dualité si française : le brin de muguet, fragile symbole de printemps et de joie éphémère, et la manifestation ouvrière, héritage des luttes pour la dignité du travail. Cette année, il faut les tenir ensemble, plus que jamais. Car le muguet sans lucidité devient folklore vide, et le combat social sans vision prospective tourne à la plainte stérile.

Les travailleurs ont de bonnes raisons de descendre dans la rue. Le pouvoir d’achat reste sous pression : hausse du prix repère du gaz de plus de 15 % ce 1er mai, conséquence directe du bras de fer au détroit d’Ormuz. Et comme l’ont alerté Marc Touati et Hervé Hannoun ces derniers jours, le chômage a flambé en mars (+1,1 % en données mensuelles), derrière l’opacité statistique maintenue depuis 2018.

Mais, le vrai séisme est plus profond encore. Nous entrons dans l’économie de l’abondance algorithmique. L’intelligence artificielle produit des biens cognitifs à coût marginal quasi nul, pulvérisant le lien historique entre valeur et travail humain. Là où Marx fondait la valeur sur le « temps de travail socialement nécessaire », l’École autrichienne – Carl Menger, Eugen von Böhm-Bawerk, Ludwig von Mises – avait déjà démontré dès la fin du XIXe siècle que la valeur est subjective : elle naît du jugement individuel, de l’utilité marginale et des préférences personnelles, jamais d’un quantum objectif de travail incorporé. Menger l’a établi : un bien n’a de valeur que parce qu’un individu le juge capable de satisfaire un besoin, dans un contexte précis. Böhm-Bawerk a montré que le profit rémunère l’attente et le risque, non l’exploitation. Mises et Hayek ont complété : l’économie est action humaine et découverte décentralisée.

Pourtant, cette abondance ne rendra le travail libérateur que si nous rétablissons d’abord la confiance dans la vérité. Car ce 1er mai coïncide avec une tribune de l’Institut Pasteur, signée par près de 300 personnalités, qui martèle quasiment par l’injonction que « la vaccination sauve une vie toutes les huit secondes » et appelle à « croire en la science ». Sans laisser la place au débat et sans aborder les raisons de la perte de confiance en la vaccination que 47% des Français déclarent être dues aux mensonges répétés du gouvernement. On peut aussi rappeler que les contrats des vaccins covid européens ont été lourdement caviardés avec des clauses occultées et des décisions prises en information incomplète. Dogme de groupe, vérité institutionnelle, capture des narratifs : le scientisme remplace la science véritable.

Comment avoir confiance lorsque le mensonge ou les fausses vérités continuent de régner ? Tant que les instances officielles privilégient le consensus de groupe sur la recherche libre et transparente, nous aurons du mal à redéfinir réellement ce qu’est le travail. Car une économie d’abondance algorithmique exige d’abord une épistémologie honnête : on ne peut pas bâtir de nouvelles fondations sur des sables mouvants.

Au-delà de l’énergie, le détroit d’Ormuz bloque aussi 30 % de la production mondiale d’engrais azotés depuis plus de deux mois. La saison des semailles étant déjà passée, les récoltes 2026-2027 pourraient être faméliques, accompagnée d’une flambée des prix alimentaires et des centaines de millions de personnes plongées dans la détresse alimentaire. L’exemple tragique du Sri Lanka en 2021, où l’interdiction des engrais chimiques par Gotabaya Rajapaksa a provoqué un effondrement immédiat des rendements, une famine et une explosion sociale, devrait nous alerter : le blocus d’Ormuz ne menace pas seulement nos factures d’énergie, il risque de déclencher une crise alimentaire mondiale aux conséquences géopolitiques explosives.

Pourtant cette abondance algorithmique ouvre une porte inédite. Le travail ne disparaît pas : il se métamorphose. Il devient orchestration de l’IA, curatelle du sens, mise en scène de la singularité humaine – empathie, intuition, imperfection créatrice. L’éducation doit former à cela. La protection sociale doit évoluer vers un modèle hybride : cotisations classiques + dividende citoyen financé par la taxation des super-profits computationnels.

La France possède les atouts : nucléaire, talents, entreprises résilientes, malgré un modèle défaillant sur bien des points. Mais elle doit cesser de nier les réalités géopolitiques, climatiques, algorithmiques… et épistémologiques. Le 1er mai ne doit plus être seulement le jour où l’on réclame plus. Il doit devenir celui où l’on ose redéfinir courageusement ce que sera le travail de demain, en refusant tout dogme.

Offrons le muguet sans naïveté. Défendons le travail sans illusion marxiste ni scientiste. Et ayons l’ambition autrichienne : laisser l’abondance libérer l’humain plutôt que de le piéger dans les théories et les vérités de groupe du siècle dernier.

Le brin de muguet fanera vite. Les fruits d’un travail enfin libéré de la capture peuvent durer toute une génération – à condition de cultiver d’abord la vérité.

 





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *