Une halte à Cayenne aux portes de l’aventure guyanaise


Cayenne séduit presque à voix basse. Les touristes, les amoureux de la nature, les aventuriers sans billet retour y trouvent une escale singulière, entre douceur créole et promesse d’ailleurs.

A peine sortis de l’aéroport, l’air nous enveloppe. Doux, humide, parfumé – presque charnel. Nous voilà à Cayenne, la capitale de la Guyane française.

Ce petit bout de France posé sur le continent sud-américain est connu pour les lancements des fusées du centre spatial de Kourou et son tourisme vert au cœur de l’Amazonie.

Mais avant de partir à l’aventure dans la forêt ou sur le Maroni, Cayenne mérite que l’on s’y attarde.

Ni carte postale figée, ni cité endormie, cette ville aux allures provinciales, mêle avec élégance bâtisses coloniales et maisons créoles très colorées. Son patchwork architectural, ses musées, ses habitants en font une ville métissée, vibrante et attachante.

Cayenne impose immédiatement son rythme : lent, assuré, indifférent à toute précipitation. D’emblée on s’y sent bien. Le centre historique est petit et se parcourt facilement à pied. 

Voici nos bons plans. Suivez le guide !

Le Mont Cépérou : aux origines d’une capitale disputée

Nous grimpons la colline dès notre arrivée. Histoire de prendre la mesure des lieux et de nous mettre en jambes.

Quand on parle du Mont Cépérou, on fait référence au Fort Cépérou édifié par les Français au XVIIème siècle. Ce promontoire fut longtemps disputé, lieu d’affrontements entre Amérindiens, Hollandais, Français et Portugais.

De bastion militaire, il devint réservoir, puis horloge publique. D’en haut, Cayenne apparaît compacte, ceinturée d’eau et de ciel.

La Place des Palmistes : le cœur battant de Cayenne

Au cœur de la ville, La Place des Palmistes (3 hectares !) est un salon à ciel ouvert. Les palmiers dessinent l’espace, les bancs deviennent gradins, et la vie s’y installe naturellement.

Lieu de rendez-vous des Cayennais comme des visiteurs, cette place classée monument historique, doit son nom aux majestueux palmiers royaux plantés au XIXème siècle. On y trouve la colonne de la République et la statue de Félix Eboué, figure politique majeure de la Guyane.

« On va à la Palmiste ? » demandent les habitués. Ici, on se retrouve, on flâne, on danse, on célèbre. Le soir, les foodtrucks diffusent des parfums mêlés de bamis, nassis, madras et autres spécialités.

Le Bar des Palmistes : le QG du Tout-Cayenne

Au sud de la place, impossible de manquer le Bar des Palmistes. Belle bâtisse créole jaune, aux balcons en ferronnerie et volets gris née en 1830. « Le Tout-Cayenne » s’y retrouve – c’est dire ! – pour savourer un ti-punch.

L’ambiance est à la fois chic et décontractée, tropicale sans ostentation. Il est possible de dîner, de faire la fête et de séjourner à l’Hôtel des Palmistes (classé monument historique) dans l’une des neuf chambres et suites au beau parquet de bois sombre (à partir de 132 euros la nuit).

En face, la boutiqueLa Belle Cabresse propose des dégustations notamment de planteur, caïpirinha et maracuja élaborés à partir du rhum agricole de la rhumerie Saint-Maurice. Pour les plus curieux, un circuit permet de rejoindre la distillerie en pirogue depuis Saint-Laurent-du-Maroni

Le Marché de Cayenne : l’immersion immédiate

Ouvert les mercredis, vendredis et samedis, le marché déborde de couleurs et de senteurs : fruits exotiques, légumes, épices locales ou venues du Suriname, du Brésil, d’Haïti…et du Laos grâce aux cultures des Hmongs, véritables gardiens du grenier guyanais.

Un lieu idéal pour sentir le pouls de Cayenne et pour dénicher l’artisanat local, en évitant les pièges du « made in China ».

Le quartier historique : l’âme guyanaise

Autour du marché et dans les ruelles adjacentes, boutiques et ateliers proposent bijoux, vêtements, peintures réalisées par des artistes locaux.

Georges, un aventurier Français, a un présentoir sur le trottoir près du Bar des Palmistes. Il vend pour 10 euros des colliers qu’il fabrique lui-même, inspirés par la mangrove et ses séjours au Brésil. Il nous raconte ses bonheurs et ses galères. Ici, on ne repart pas avec un simple souvenir. On vit une rencontre, une expérience.

Georges, un aventurier français, vend ses colliers inspirés par la mangrove ©Corine Moriou

 

Chaque rue révèle une surprise et raconte l’âme de la Guyane: la façade patinée d’un bâtisse coloniale, une maison créole abandonnée qui garde une dignité intacte. Ici et là, un atelier de poterie, une librairie, un restaurant, un musée.

La cathédrale Saint-Sauveur est le point de rencontre de la très catholique Cayenne. Non loin,

une école maternelle aux tons jaunes et ocres semble donner la pêche aux enfants qui accourent cartable sur le dos. Un peu plus loin, la Maison des Entreprises rappelle que l’économie structure aussi cette région d’outre-mer.

Les musées : mieux comprendre l’histoire de la Guyane

Pour comprendre la Guyane, il faut s’offrir du temps dans les musées.

Le musée Alexandre-Franconie, abrité dans une élégante maison créole bleue, retrace l’histoire de la Guyane. On y découvre aussi les œuvres de Francis Lagrange, dit « Flag », faussaire génial, ancien bagnard devenu célèbre. Ses toiles révèlent les conditions de vie aux Iles du Salut, un enfer niché dans un décor paradisiaque, jusqu’à la fermeture du bagne.

Au Musée des Cultures Guyanaises, Francine nous accueille avec un sourire lumineux. Née à Cayenne, ayant vécu à Grenoble, c’est un retour aux sources. Avec un cœur tout neuf, elle se dit très heureuse.

Objets, récits, témoignages racontent la cohabitation des peuples Amérindiens, Bushinengués, Créoles et Hmongs.

Au 54 rue Madame Payé, nous poussons la porte d’une maison créolereconstituée qui a été propriété d’Herménégilde Tell, ancien directeur de l’Administration pénitentiaire. On y découvre le mode de vie d’une belle demeure du XIXème siècle.

La Maison natale de Félix Eboué, transformée en musée, rappelle le destin exceptionnel de ce petit fils d’esclaves, héros de la Résistance Outre-mer et premier homme noir inhumé au Panthéon en 1949.

A table : une gastronomie plurielle

A La Petite Maison, Patrick – le propriétaire, ancien pilote d’hélicoptères – nous reçoit comme chez lui. Il porte un regard amoureux et lucide sur Cayenne, la ville qu’il a vu évoluer au fil des années.

A l’étage d’une ravissante demeure créole, la cuisine se fait inventive et savoureuse. A la carte : loubine poêlée, raviole au poulet boucané, magret de canard miel épices et pay-chou, blanc manger coco et ananas flambé au vieux rhum… 

La Petite Maison propose une cuisine locale savoureuse ©Corine Moriou

 

A la Kaz Mimi, les saveurs locales côtoient des influences antillaises et haïtiennes d’une grande fraîcheur.

Le Spot Rooftop, quant à lui, porte bien son nom. Ce restaurant sympa offre une vue dégagée sur la mer et des cocktails qui prolongent la douceur du soir.

Où dormir : du confort créole à l’aventure brute

Dans le centre de Cayenne, l’Hôtel Ker Alberte est une charmante villa créole organisée autour d’un jardin tropical. Piscine, restaurant, atmosphère paisible : une parenthèse élégante à partir de 200 euros la nuit.

A L’Eclipse Belle Etoile, la formule appart’hôtel, fonctionnelle et confortable, offre davantage d’indépendance (à partir de 140 euros la nuit).

Les plus aventureux s’éloigneront de la ville. Ils choisiront un carbet communautaire pour dormir dans un hamac avec moustiquaire, suspendu sous un toit de feuilles de palmier. Une expérience brute au plus près de la nature. Inoubliable … mais rustique (à partir de 15 euros).

————————————–A DECOUVRIR AUSSI————————————-

  • Profiter du calme de la place des Amandiers où les joueurs de boules rythment les soirées. On peut suivre les lancements d’Ariane 6 sur écran géant les jours J.
  • S’offrir une parenthèse de fraîcheur au jardin botanique et admirer la diversité d’espèces végétales.
  • Marcher à l’ombre sur le sentier des Salines parmi les palétuviers, observer les oiseaux, puis se baigner sur la plage de Montjoly, à moins de dix kilomètres de Cayenne.
  • Vivre le carnaval, entre l’Epiphanie et le mercredi des Cendres (janvier à mi-février), et danser dans des bals parés masqués invités par des Touloulous.

En Savoir Plus

Comité du Tourisme de la Guyane : 5, rue de Stockholm 75008 Paris, Tél : 01 42 94 15 16

La Mairie de Cayenne 

Air Caraïbes : 4 à 7 vols par semaine (selon la saison) au départ de Paris-Orly. A/R à partir de 600 euros.





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