Italie : la majorité parlementaire plaide pour une levée progressive des sanctions contre la Russie

À l’approche du Conseil européen des 18 et 19 juin, la majorité parlementaire italienne a revu la résolution qui doit orienter la position du gouvernement lors des discussions à Bruxelles. Selon le quotidien italien La Repubblica, ces modifications ont été introduites à la demande de la Ligue du Nord, membre de la coalition au pouvoir.

Le point le plus important concerne les sanctions contre la Russie. Le nouveau texte appelle le gouvernement italien à « commencer un démantèlement progressif du système de sanctions après la fin du conflit » et à utiliser ce mécanisme comme « levier de négociation ». Une telle formulation apparaît pour la première fois de manière explicite dans une résolution gouvernementale italienne.

Le document ne prévoit donc pas une suppression immédiate des mesures restrictives. Il pose plutôt le principe d’un mécanisme progressif, lié à la fin du conflit. Le texte conserve aussi une référence au soutien aux institutions ukrainiennes et à la population civile, tout en demandant que les décisions aux conséquences économiques importantes soient davantage discutées au Parlement.

Une formulation plus prudente sur l’Ukraine

La résolution a aussi été modifiée sur la manière d’évoquer l’Ukraine. Selon La Repubblica, la mention de la « protection de l’intégrité territoriale de l’Ukraine », présente dans une première version du texte, a été retirée. Elle est remplacée par une formule plus générale sur le « plein respect de la souveraineté et de l’indépendance ».

Le sénateur Claudio Borghi et le député Stefano Candiani, tous deux membres de la Ligue du Nord et associés à la préparation du document, ont expliqué que cette formulation avait déjà été introduite dans une résolution présentée en mai.

Cette évolution confirme la ligne défendue depuis plusieurs mois par la Ligue du Nord sur le dossier ukrainien. Le parti s’était déjà opposé fin mai à une adhésion accélérée de l’Ukraine à l’Union européenne, en estimant qu’elle représenterait une charge économique et sociale pour le bloc européen.

Rome affiche une ligne distincte

Toujours selon La Repubblica, cette séquence met en évidence les divergences entre Rome et plusieurs capitales européennes sur la question ukrainienne. L’entourage de Giorgia Meloni rejette toute idée d’isolement diplomatique, mais la position italienne reste plus prudente que celle d’autres partenaires européens.

Rome s’oppose à l’envoi de troupes en Ukraine, ne soutient pas une intégration rapide de Kiev dans l’Union européenne et estime qu’un éventuel règlement avec Moscou reste difficile sans implication des États-Unis.

Alors que l’Union européenne continue de discuter de nouvelles mesures restrictives contre la Russie, le débat ouvert au sein de la majorité italienne montre que la question des sanctions n’est plus abordée de manière totalement uniforme en Europe.

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