
Le couperet est tombé sans prévenir toute une profession médicale ! Le ticket modérateur, déjà relevé de 30 à 40 % en 2023, s’apprête à grimper encore, il va atteindre 45 % selon les dernières annonces. Cette fois, aucune convention négociée, aucun syndicat consulté au préalable, aucune instance ordinale. Aucun signal sérieux envoyé aux cabinets avant l’annonce officielle. L’Ordre national des chirurgiens-dentistes parle d’un fait accompli imposé à toute une profession. L’ordre des médecins n’a à ce jour rien communiqué à l’instar de celui des pharmaciens !
Derrière ce chiffre technique se cache une réalité bien concrète. Chaque soin sera remboursé un peu moins par la Sécurité sociale. Chaque patient se retrouvera un peu plus exposé financièrement. Pire, les mutuelles déjà très chères vont aussi augmenter leurs tarifs !
Pendant que les praticiens découvrent la mesure dans la presse, les mutuelles préparent déjà leurs prochaines hausses de cotisation. Cinq points de plus, sur le papier, cela semble presque anodin.
La fausse excuse du trou de la Sécu !
Le gouvernement justifie cette décision par un déficit de la Sécurité sociale qui dépasse les 20 milliards d’euros. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, évoque la nécessité de financer l’hôpital. Elle cite aussi les traitements coûteux de demain, cancer compris. L’argument budgétaire n’a rien d’inventé sur ce point précis. L’Assurance maladie porte à elle seule près de 16 milliards de ce trou. Mais le choix de la méthode interroge davantage que le montant lui-même. Passer par décret permet d’éviter une Assemblée nationale fracturée sur ce sujet.
Sauf que si la Sécu n’arrive plus à se financer pourquoi ouvrir de nouveaux droits forts couteux ? Pourquoi accepter de payer des traitements pseudo novateurs des fortunes alors que nous connaissons les prix de revient ? Pourquoi accepter de payer le Keytruda du voyou multirécidiviste de Merck 11.600 € pour un coût de fabrication de quelques dizaines d’euros l’injection ? Pourquoi rembourser à 100% en ALD les chirurgies de changement de sexe alors que les caisses sont vides ? La seule éco-anxiété imposée par les politiciens et leurs complices des médias a créé 4 millions de malades nécessitant des ordonnances d’anxiolytiques, somnifères et autres antidépresseurs au quotidien.
De surcroît, nous sommes passés en France dans les années 1990 de 15 milliards de dépenses en médicaments à plus de 35 milliards aujourd’hui ! Est-ce que vous pensez sincèrement que l’état de santé général de la population s’est amélioré ? Certainement pas, c’est juste un pillage organisé.
Le danger de la surconsommation de médicaments
Chaque année en France, les médicaments causent un désastre largement invisible. Rien qu’à l’hôpital public, 212 500 personnes sont hospitalisées à cause d’un effet indésirable médicamenteux — une explosion de +136 % en dix ans. Sur ce seul périmètre restreint : au moins 2 760 morts par an. Mais le rapport officiel Bégaud-Costagliola va bien plus loin : entre 10 000 et 30 000 décès annuels seraient imputables à un accident médicamenteux — jusqu’à dix fois le bilan de la route.
La facture est à la hauteur du drame humain. Le coût médical direct des seules hospitalisations pour effet indésirable atteint 1,3 milliard d’euros par an – dont 155 millions rien que pour la part évitable, donc littéralement gaspillée. Cette somme pèse directement sur une Sécurité sociale. S’y ajoutent des coûts indirects rarement chiffrés mais bien réels : arrêts de travail, perte d’autonomie des aînés, prise en charge des séquelles au long cours – une double peine, sanitaire et financière, payée par les Français eux-mêmes.
Ticket modérateur déjà augmenté en 2023
En 2023, la hausse précédente était née d’une convention signée avec les syndicats dentaires représentatifs. Cette fois, la concertation annoncée ne concerne que les caisses d’assurance maladie et la MSA, pas la profession elle-même directement. Quatre projets de décret ont déjà été transmis pour avis, sans passer par les syndicats représentatifs.
Sur le terrain, les conséquences s’annoncent immédiates pour les cabinets. Ils devront revoir l’ensemble de leurs devis dès l’entrée en vigueur du texte. Mettre à jour bien entendu les différents logiciels professionnels ! Chaque patient devra être informé correctement du nouveau reste à charge. Cette hausse du ticket modérateur pèse d’abord sur les patients les plus fragiles. Les complémentaires santé, déjà sous pression depuis plusieurs années, devront absorber une part plus large du remboursement. Elles risquent fort de répercuter cette facture sur leurs cotisations mensuelles. La Mutualité française l’a d’ailleurs rappelé sans détour récemment.
Il n’existe pas d’argent magique dans les caisses des mutuelles. Résultat attendu, un pouvoir d’achat rogné pour des millions de foyers français. Certains soins seront parfois repoussés, faute de moyens suffisants. Une question parlementaire récente alertait justement sur ce risque de renoncement aux soins. Les patients les plus précaires et les plus âgés seraient les premiers concernés par ce recul, comme toujours.
D’autres professions de santé se sentent tout aussi écartées de ces discussions budgétaires. Pourtant, ce sont elles qui appliquent ces mesures sur le terrain, chaque jour. Reste que le gouvernement assume pleinement sa méthode. Il la juge plus rapide qu’une négociation classique, face à l’urgence budgétaire actuelle. Reste à savoir si la rapidité justifie vraiment de se passer d’un dialogue avec le terrain.
Le mépris est assez spectaculaire
Il faut dire que les trois conseils ordinaux – des médecins, dentistes et pharmaciens – sont actuellement en train de patauger dans de nombreux scandales suite aux derniers rapports de l’Inspection générale des finances. Nous sommes du coup en droit de penser qu’ils sont dans l’incapacité de défendre les intérêts de leurs membres respectifs.
La suite dépendra beaucoup de la publication définitive des décrets concernés. Ceux-ci restent, pour l’instant, soumis à concertation avec les caisses d’assurance maladie. Rien n’empêche techniquement le gouvernement d’ouvrir enfin un vrai dialogue avec les syndicats. Avant l’entrée en vigueur du texte, ce geste resterait symboliquement fort. L’Ordre, de son côté, réclame une véritable négociation plutôt qu’une simple information tardive.
Pour les cabinets, l’urgence reste avant tout pragmatique au quotidien. Il faudra anticiper la communication auprès des patients concernés. Il faudra aussi ajuster chaque devis dès que le texte sera fixé définitivement. C’est assez effrayant de constater cet amateurisme du gouvernement et la passivité de la profession face à tant de mépris. Mais il faut dire que la crise sanitaire de 2020 nous avait donné une idée précise de l’état d’esprit de la profession médicale française.
Pour finir, vous vous doutez bien que ce déremboursement n’arrangera absolument rien étant donné que le trou de la Sécurité sociale ne cessera d’augmenter et qu’une hausse du ticket modérateur nous pend au nez d’ici 1 ou 2 ans. C’est à se demander à quoi cela sert de cotiser plus de 300 milliards d’euros chaque année à la Sécu pour ne pas être remboursé lorsque l’on tombe malade ! Nous assistons clairement au pillage de nos cotisations par nos gouvernants, corrompus entre autre par Big Pharma.
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