Science et Technologie7 août 2026
Sommaire
Quels véhicules sont concernés ?
L’enquête porte sur environ 1,2 million de véhicules vendus aux États-Unis : les Tesla Model 3 des années-modèles 2018-2020, et les Tesla Model Y des années-modèles 2021-2023. Il s’agit des générations les plus anciennes de ces deux modèles, restés parmi les véhicules électriques les plus vendus au monde depuis leur lancement.
Le défaut : un bras de suspension qui se détache
Le problème identifié concerne le bras de suspension avant inférieur (front lower lateral link), une pièce qui relie la roue au châssis et participe au maintien de la trajectoire du véhicule. Selon la NHTSA, sa « déconnexion laisse le véhicule impossible à conduire », nécessitant un remorquage. Dans la grande majorité des cas signalés, la défaillance survient sans avertissement préalable, bien que certains propriétaires aient rapporté un bruit inhabituel avant la rupture.
Qu’est-ce que la NHTSA et que peut-elle décider ?
La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) est l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière, équivalente à ce que serait en France une autorité combinant la sécurité routière et le contrôle technique au niveau réglementaire. Son Office of Defects Investigation a reçu 156 plaintes de propriétaires avant d’ouvrir cette évaluation préliminaire — la première des étapes formelles pouvant, si le risque est confirmé, déboucher sur un rappel officiel obligeant Tesla à réparer gratuitement les véhicules concernés.
Les rappels précédents de Tesla sur ce même point
Tesla a déjà procédé, par le passé, à deux rappels plus limités concernant des problèmes de suspension similaires : environ 2 800 Model 3 de l’année 2021 (lié à une erreur d’assemblage), puis 422 Model 3 supplémentaires en 2023. Ces deux rappels réunis restent très inférieurs, en volume, aux 1,2 million de véhicules désormais concernés par l’enquête ouverte fin juillet 2026 — un écart que souligne la NHTSA elle-même dans sa communication.
À noter — Une évaluation préliminaire n’est pas un rappel : elle vise à déterminer l’origine, l’ampleur et la gravité du défaut avant qu’une décision de rappel éventuel ne soit prise. Ce processus peut prendre plusieurs mois.
Une enquête qui tombe mal pour Tesla
Cette nouvelle enquête intervient dans un contexte déjà difficile pour le constructeur : l’action Tesla a chuté de plus de 27 % en juillet 2026, dans un climat marqué par une concurrence accrue sur le marché des véhicules électriques et par une actualité réglementaire chargée pour l’entreprise d’Elon Musk aux États-Unis.
Ce qui peut se passer maintenant
Si l’évaluation préliminaire confirme l’existence d’un défaut de sécurité avéré et suffisamment répandu, elle peut déboucher sur un rappel officiel des 1,2 million de véhicules concernés — l’un des plus importants rappels de l’histoire de Tesla si cette hypothèse se confirmait. À ce stade, aucune décision n’a été prise et Tesla n’a pas annoncé de mesure volontaire en dehors de sa coopération avec l’enquête.
Conclusion
Sans accident, blessure ni décès rapporté à ce stade, cette enquête reste préventive — mais son ampleur, 1,2 million de véhicules, en fait l’une des procédures de sécurité les plus lourdes jamais ouvertes contre Tesla aux États-Unis, dans un contexte où chaque nouvelle alerte réglementaire pèse déjà sur la confiance des investisseurs.
Rappel sur les limites de cet article
L’enquête n’en est qu’à son stade préliminaire : aucune cause technique définitive n’a été établie publiquement, et rien n’indique à ce jour qu’elle débouchera sur un rappel. Le nombre exact de véhicules qui seraient concernés par un rappel effectif, si celui-ci était décidé, pourrait différer du chiffre de 1,2 million avancé pour l’évaluation préliminaire.
Sources
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