
Hubert Van Den Toren de Montal se présente comme un ancien chef d’entreprise dans le transport et la location de matériel frigorifique. Il témoigne dans cette interview de Tocsin sur son expérience avec la magistrature locale du sud-ouest ainsi que la mafia maçonnique.
En 2006, il dépose un brevet pour des caisses frigorifiques auprès de l’INPI. Il découvre ensuite qu’un fabricant toulousain (la carrosserie Serin) a vendu pour environ 248 000 euros de matériel contrefait à un dénommé Thierry Foulon, à Béziers. Lors des saisies-contrefaçon qui suivent, il affirme que la procédure a été freinée par une magistrate, Brigitte Deville, doyenne des juges d’instruction de Béziers, présentée comme franc-maçonne au même titre que Thierry Foulon. Son mari, Patrice Deville, avocat général à la cour d’appel de Montpellier, aurait ensuite fait pression sur l’huissier chargé du dossier (menacé, selon le témoignage, en raison de son homosexualité) et aurait provoqué deux contrôles fiscaux contre Van Den Toren, dont il dit être sorti blanchi.
La bascule vers le journal et les révélations de corruption
Face à ce qu’il perçoit comme un système de protection mutuelle, il crée un journal, La Fouine du Midi, pour dénoncer des affaires de corruption locale impliquant le couple Deville — il évoque 83 dossiers, portant sur des détournements d’héritage, d’argent public et des faits de pédophilie. En 2013, il affirme avoir découvert que ce couple de magistrats était lié à deux frères présentés comme des figures du milieu criminel biterrois, Christian et Fabien Porte, actifs selon lui dans le trafic de stupéfiants, le racket, la prostitution et des réseaux de pédophilie impliquant des enfants venus de pays de l’Est. Il publie ces éléments dans trois livres.
Menaces et incendies criminels (2014)
À partir de 2013, il dit avoir été menacé à de multiples reprises — dix-neuf menaces au total, selon lui — notamment par Jean Cardoville, ancien carrossier au passé judiciaire chargé, devenu responsable sécurité du MIL (Initiative et Liberté) et bras droit des frères Porte, ainsi que par Claude Moutou, ancien proxénète et ami de longue date de Christian Porte.
Fin avril 2014, deux incendies criminels frappent son entreprise à Villeneuve-lès-Béziers, causant selon lui près d’un million d’euros de dégâts, ruinant son activité. Peu après, son véhicule est dégradé, et le 2 mai 2014 des individus armés le menacent, lui et sa famille, à proximité de son domicile. Il indique que la police n’a jamais donné suite à ses plaintes ni réalisé les écoutes téléphoniques demandées.
Tentatives de règlement et blocages judiciaires
Il affirme s’être vu proposer, via son avocat, des sommes croissantes pour se taire — 800 000 puis 500 000 euros en 2016, un protocole d’indemnisation entre 1,3 et 1,6 million en 2019, jamais signé. Il décrit ensuite une série de procédures classées ou de plaintes rejetées pour des motifs qu’il juge fallacieux (un procureur, nommé Balland, aurait invoqué un chef d’accusation sans rapport ; une juge d’instruction, Emmanuelle Seban, aurait refusé des auditions malgré des témoins confirmant les tentatives de corruption).
Plus récemment, il affirme avoir été approché depuis juin 2025 par deux juges de la « Chambre suprême de justice maçonnique » du Grand Orient de France, qui lui auraient proposé entre 3,5 et 4 millions d’euros pour se taire, tout en le prévenant qu’il pouvait « être assassiné à tout moment ». Il dit avoir déposé plainte en janvier 2026 contre les frères Porte (restée sans réponse du nouveau procureur, Arnaud Frauger), puis en mai 2026 une nouvelle plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction Fabien Tourette, obtenant une dispense de consignation du fait de sa situation au RSA.
Il dit aussi avoir écrit au grand maître du Grand Orient, Pierre Bertinotti (GODF), pour demander l’audition des quatre personnes impliquées. Au total, il évalue son dossier à 102 personnes mises en cause sur quinze ans, dont 86 franc-maçons, aux trois quarts membres du Grand Orient. L’accusation est très lourde.
Béziers : le volet politique local
Il relie cette affaire à la vie politique biterroise : Jean Cardoville, malgré un casier judiciaire qu’il détaille (enlèvement, séquestration, tentative d’assassinat, vol à main armée, trafic d’armes et de stupéfiants), serait devenu conseiller municipal délégué à la sécurité à Béziers depuis 2020, sur la liste de Robert Ménard — un placement qu’il attribue à un accord entre Ménard et Les Républicains (via Bruno Retailleau) pour obtenir des voix, le MIL étant décrit comme une organisation héritière de l’ancien SAC, avec des « agents dormants » infiltrés dans les mairies. Il mentionne aussi l’ancien maire Coudère, surnommé « Monsieur 10 % » pour des commissions immobilières.
Le coût personnel
Sur le plan personnel, il indique que sa compagne est décédée en 2017 d’un cancer qu’il relie au stress des incendies, que Robert Ménard a financé l’enterrement faute de moyens, et qu’il est sans contact avec sa fille depuis 2019 pour la protéger d’éventuelles représailles.
Ce résumé restitue fidèlement la teneur du témoignage ci-dessous tel qu’il est présenté dans la vidéo de Tocsin, mais il s’agit d’accusations unilatérales et non vérifiées portées contre des personnes nommées, dans un cadre où aucune contradiction ni élément de preuve indépendant n’est apporté à l’antenne. Il faudrait mettre en lien des documents officiels qui démontrent ces accusations gravissimes.
De la maçonnerie de Béziers à la loge Athanor
Faut-il rappeler à nos lecteur le dernier scandale retentissant de la loge Athanor et des sévères condamnations du mois dernier à Paris. La loge s’est avérée être une organisation criminelle qui a tué des gens, agressé, intimidé d’autres… Bref, ce n’est pas la première fois que ça arrive.
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