Le gouvernement de Sébastien Lecornu rouvre un dossier politiquement sensible : la possibilité de ne plus indexer automatiquement sur l’inflation certaines pensions de retraite dans le cadre du budget 2027. L’objectif est de freiner la hausse des dépenses publiques, alors que le coût d’une indexation complète est évalué à environ 6 milliards d’euros.
Selon des informations du Journal du Dimanche et du Figaro, Bercy travaillerait sur une désindexation progressive visant les retraites les plus élevées, un seuil autour de 3 000 euros ayant déjà été évoqué. Les petites retraites seraient préservées. « Ce sont des hypothèses de Bercy », confirme l’entourage du Premier ministre, qui assure que rien n’est définitivement décidé.
Les pistes d’économies doivent être soumises à Sébastien Lecornu fin août, avant les arbitrages et la présentation des textes budgétaires le 30 septembre. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a récemment plaidé pour « regarder ces histoires d’indexation à l’inflation », et voir « une manière efficace de faire des économies ». Son collègue David Amiel a, lui, appelé à ouvrir le débat sur les « indexations automatiques indifférenciées ».
Le sujet ravive le débat intergénérationnel en France, alors que les jeunes générations reprochent à leurs aînés de s’être accaparé une grande part du patrimoine et de bénéficier de retraites longues et élevées, avec un moindre niveau de cotisation que celle que paient les travailleurs arrivés sur le marché du travail ces deux dernières décennies.
Le très macroniste journaliste Brice Couturier s’est ainsi indigné d’une telle hypothèse et a été vivement repris par l’ancien député Stéphane Vojetta (ex-LREM).
Le Conseil National de la Résistance voulait garantir la dignité des retraités et a appelé notre système de retraite par répartition “ASSURANCE VIEILLESSE”.
Ceux qui perçoivent aujourd’hui les plus grosses pensions sont effectivement ceux qui ont le plus cotisé… car ils ont eu… https://t.co/SwPckMovyj
— Stéphane Vojetta (@StephaneVojetta) August 11, 2026
Cette piste n’est pas nouvelle. Michel Barnier et François Bayrou l’avaient déjà envisagée sans succès. Sébastien Lecornu lui-même avait renoncé pour le budget 2026. Le contexte reste explosif : Assemblée fragmentée, absence de majorité et échéance présidentielle proche.
À droite, le député RN, Jean-Philippe Tanguy, parle de « racket contre les retraites », tandis qu’Éric Ciotti accuse le gouvernement de faire payer « son incurie » aux retraités. À gauche, le député LFI et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, alerte : « Réduire le pouvoir d’achat des retraités, c’est réduire la consommation, donc réduire la croissance du pays. »
🎙️ "Réduire le pouvoir d'achat des retraités c'est réduire la consommation donc réduire la croissance du pays", alerte Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale#ApollineMatinpic.twitter.com/GVocO4ZdZC
— RMC (@RMCInfo) August 12, 2026
Le coût des retraites pourrait grimper de 12 milliards d’euros en 2027 sans mesure, la moitié liée à l’indexation. Le gouvernement cherche donc des économies, mais les résistances politiques s’annoncent fortes.
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