Onze jours après qu’Evan, lycéen de 15 ans à Lens, a perdu sa main gauche devant le lycée Auguste-Béhal, Laurent Nuñez a choisi la matinale de France 2 pour remettre la grenade assourdissante dans l’arsenal autorisé.
Le ministre jure qu’elle ne sortira qu’en cas de “violences urbaines extrêmement graves”, et il juge même, selon la transcription publiée par franceinfo, “hors de question de bannir un type d’armes intermédiaires”.
Rien n’a donc changé.
Officiellement, la suspension décidée après Lens vaut toujours pour le “mouvement lycéen”, mais qui fera le tri, samedi, entre un cortège de gilets jaunes et une bande d’élèves venus grossir les rangs après le blocus du matin ?
Cette volte-face tombe deux jours après la « plainte » d’Alliance contre l’État, et chacun appréciera qui, de Beauvau ou des syndicats, tient réellement la plume des consignes envoyées aux compagnies sur le terrain.
À tous les jeunes et les lycéens, avant que les premières détonations ne résonnent sur les boulevards, ne tentez jamais de ramasser un projectile tombé au sol, même s’il semble éteint, parce que l’ASSD, d’après l’enquête de Politis publiée en 2022, explose en une seconde et demie à peine.
Si les détonations commencent à éclater près de vous, éloignez-vous en protégeant vos oreilles et votre visage, puis cherchez une rue de sortie plutôt que de rester coincés contre une rangée de boucliers. Restez groupés avec des amis, et si vous filmez une scène, postez-la de suite sur les réseaux, plutôt que de la garder sur votre téléphone, elle ne pourra plus être effacée en cas de saisie.