Automobile : la France et l’Allemagne s’accordent pour assouplir les règles européennes de 2035


Le 16 octobre, Paris et Berlin ont trouvé un compromis pour alléger les obligations climatiques imposées aux constructeurs automobiles à partir de 2035. L’accord prévoit également de favoriser la production européenne, tout en ouvrant certains avantages au Royaume-Uni. Un équilibre entre compétitivité industrielle et transition écologique qui suscite déjà des critiques.

La France et l’Allemagne ont convenu d’une position commune sur l’avenir de l’industrie automobile européenne, rapporte Reuters. Leur proposition prévoit de réduire de 90 % les émissions moyennes de CO₂ des voitures neuves d’ici 2035, par rapport à 2021, sans imposer de compensation pour les 10 % restants. La Commission européenne envisageait jusqu’ici de compenser cet écart par l’utilisation d’acier bas carbone ou de carburants alternatifs.

Cette évolution assouplirait davantage la réglementation européenne, qui prévoyait initialement une réduction de 100 % des émissions à l’échappement des voitures neuves en 2035. Elle pourrait permettre aux constructeurs de commercialiser certains véhicules thermiques et hybrides au-delà de cette échéance, sous réserve des règles finalement adoptées.

L’accord répond notamment aux préoccupations des industriels allemands, soucieux de préserver leurs investissements dans les motorisations alternatives au tout-électrique. Le chancelier Friedrich Merz a salué une avancée favorable aux automobilistes et à l’emploi. Les marchés ont également réagi positivement, l’indice européen des équipementiers et constructeurs automobiles progressant de près de 2 % après l’annonce.

En contrepartie, Paris obtient un renforcement de la préférence européenne dans les dispositifs publics de soutien à l’industrie. D’après Euronews, le compromis prévoit notamment que 70 % des composants automobiles, hors batteries, soient produits en Europe, avec un seuil de 10 % pour les batteries. L’objectif est de soutenir les usines et les fournisseurs européens face à la concurrence internationale, particulièrement chinoise.

Cette préférence européenne comporterait toutefois plusieurs exceptions. Le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et la Suisse pourraient bénéficier du dispositif, à condition de garantir un accès réciproque à leurs marchés et de s’aligner sur certaines mesures commerciales européennes. Cette ouverture constitue un changement de position pour la France, qui défendait initialement une préférence réservée aux 27 États membres. Elle permettrait notamment de préserver les chaînes de production automobiles reliant les usines britanniques et continentales.

Reste à transformer ce compromis politique en législation. Les autres États membres et le Parlement européen devront encore l’approuver, avec un vote parlementaire attendu le 23 novembre. D’ici là, Paris et Berlin devront convaincre leurs partenaires qu’un assouplissement climatique peut réellement contribuer à préserver l’industrie automobile européenne.





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