Les Français enchaînent les crédits et le surendettement explose


Les dépôts de dossiers de surendettement ont augmenté de 11 % depuis le début de l’année 2026. Derrière cette hausse, des ménages dont les revenus ne suffisent plus à couvrir les dépenses et les remboursements de crédits. Pour certains, le moindre imprévu peut déclencher une nouvelle spirale d’endettement.

Avec 2 000 euros de salaire mensuel et 2 100 euros de charges, Pauline, 33 ans, commence chaque mois dans le rouge avant même d’avoir acheté de quoi manger. Cette salariée du secteur des assurances raconte à RMC comment une succession d’accidents de la vie l’a conduite au surendettement. Décès familiaux, incendie de son logement insuffisamment couvert par les assurances, pannes de voiture… Chaque difficulté a fragilisé davantage son budget, jusqu’à l’obliger à contracter de nouveaux emprunts pour faire face aux précédents.

Son témoignage illustre une situation de plus en plus fréquente. D’après le baromètre publié le 13 octobre par la Banque de France, le nombre de dossiers de surendettement déposés entre janvier et septembre 2026 a progressé de 11 % par rapport aux neuf premiers mois de 2025. Pour le seul mois de septembre, la hausse atteint 10,5 % sur un an.

Un découvert à combler, un crédit pour absorber une dépense imprévue, puis un nouvel emprunt pour continuer à rembourser. Lorsque les mensualités s’ajoutent aux dépenses incompressibles, les revenus disponibles diminuent encore. Chaque accident supplémentaire rend alors l’équilibre plus difficile à retrouver.

En avril 2026, la jeune femme a finalement déposé un dossier auprès de la Banque de France. Déclaré recevable en juillet, il lui a permis de suspendre temporairement les remboursements de ses crédits. Elle doit désormais reprendre ses paiements selon un nouvel échéancier, avec l’espoir de retrouver une situation financière viable.

La Banque de France précise dans sa foire aux questions que cette procédure est gratuite et accessible aux particuliers de bonne foi qui ne parviennent plus à honorer leurs dettes. Une fois le dossier déclaré recevable, les mensualités des crédits concernés doivent être suspendues pendant son instruction. En revanche, les dépenses courantes, notamment le loyer et les factures à venir, restent dues. Selon la capacité financière du demandeur, la commission peut ensuite proposer un rééchelonnement, un report ou, dans certaines situations, un effacement des dettes. Le dépôt entraîne cependant une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, qui peut compliquer l’obtention de nouveaux prêts.





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