David Lisnard a livré sur LCI une réponse brute qui a glacé le plateau. Face à une étudiante qui lui demandait de rappeler les faits du 17 octobre 1961, le candidat Nouvelle Énergie a lâché : « Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né. » Il a ensuite ajouté que l’indépendance de l’Algérie était passée par là et que ce n’était « pas son problème aujourd’hui ». Pourtant il s’agissait de parler du 17 octobre, date historique triste pour les 200 morts noyés et exécutés par la police de Papon.
« Même Pascal Praud a été choqué par les propos de David Lisnard, c’est vous dire le niveau de racisme déployé par Lisnard hier soir. »
Même Pascal Praud a été choqué par les propos de David Lisnard, c’est vous dire le niveau de racisme déployé par Lisnard hier soir. https://t.co/QB9J4hpBXH
— Abdel KHÉRA 🐢 (@TotalementL) October 20, 2026
Cette date renvoie à la répression sanglante d’une manifestation pacifique de plusieurs dizaines de milliers d’Algériens à Paris. Le préfet de police Maurice Papon avait imposé un couvre-feu discriminatoire. Des policiers ont matraqué, tiré et précipité des corps dans la Seine. Les historiens évaluent le nombre de morts entre quelques dizaines et plusieurs centaines selon les sources, bien au-delà du bilan officiel initial de deux ou trois victimes. Papon, plus tard condamné pour complicité de crimes contre l’humanité sous Vichy, n’a jamais été poursuivi pour ces événements en raison de l’amnistie.
Le très vulgaire Lisnard et la mémoire sélective…
Pourtant, Lisnard a insisté sur le caractère ancien de l’affaire. Il a reconnu que c’était « très grave, c’est dramatique », tout en refusant d’en faire le prisme des violences actuelles. Le ton vulgaire et le refus d’engager le sujet ont choqué, car le même langage sur la Shoah, plus ancienne encore, serait politiquement impensable, suicidaire. La mémoire du génocide juif bénéficie d’un statut unique en France, tandis que le massacre du 17 octobre reste longtemps occulté.
Le lendemain, sur RTL, Lisnard a enchaîné avec une autre affirmation explosive. Il a dénoncé des « camps d’entraînement terroristes » sur le plateau de Millevaches, dans le Limousin. Selon lui, des ex-zadistes, des black blocs et des étrangers s’y regrouperaient pour s’entraîner à la guérilla urbaine, acquérir du matériel lourd et préparer des attaques contre les forces de l’ordre. Il a lié cela à l’incendie de la mairie de Limoges survenu le 17 octobre 2026 et a visé Jean-Luc Mélenchon, accusé de faire un « pèlerinage » annuel dans la région. Lui sait mais pas la DGSI ni les RT ! Ok !
Aucune procédure du parquet national antiterroriste n’a été ouverte sur de tels camps. Les autorités judiciaires et sécuritaires ne confirment pas l’existence de structures paramilitaires d’entraînement à la violence terroriste dans cette zone rurale. Des sources évoquent un ancrage historique de militants d’ultragauche, mais rien ne documente les « camps » et le « matériel lourd » décrits. Un délire d’une rare stupidité ! La déclaration a été qualifiée de fantasme par plusieurs médias et démentie dans les faits.
Le copain algérien de Lisnard…

Ces deux sorties rapprochées dessinent une stratégie. Lisnard refuse que l’histoire coloniale serve de grille permanente aux débats sur la violence d’aujourd’hui. Il refuse de parler d’un massacre réel ! De l’autre côté, il invente ou amplifie des menaces contemporaines pour recentrer l’attention sur l’ultragauche et les groupuscules. Le contraste est saisissant : mépris affiché pour un massacre documenté de 1961, et dramatisation non étayée de camps imaginaires en 2026.
Le scandale réside dans ce double mouvement. Un événement historique grave est balayé d’un revers de main vulgaire, tandis qu’une allégation sécuritaire non confirmée est martelée pour expliquer les pillages récents. Cette rhétorique polarise, mais elle expose aussi le candidat à des accusations de relativisme mémoriel et de désinformation. Les faits de 1961 restent établis ; ceux des camps du Limousin, pour l’instant, ne le sont pas.
Et ça se présente comme un candidat de droite sérieux à la présidentielle de 2027 ! La bonne blague ! C’est le type qui a tout de même désinfecté les plages pendant la crise covid ! Désinfecté les plages laïques de la république…