La Corée du Nord a annoncé avoir testé un nouveau système de torpilles, qui serait doté d’intelligence artificielle (IA). Baptisé le Zam-2.0, ce système naval est décrit par l’agence de presse officielle comme “super rapide et précisément guidé”. Cette annonce fait suite à plus d’une dizaine d’essais militaires, notamment des tirs de missiles balistiques, hypersoniques et de croisière, parfois dopés à l’IA, dans un contexte de tension avec la Corée du Sud voisine.
Depuis le début de l’année, la Corée du Nord intensifie ses essais de missiles avec au moins onze lancements rapportés jusque-là, dont plusieurs ayant suscité de vives réactions du Japon et de la Corée du Sud. En janvier, Pyongyang a réalisé un essai de missile balistique au-dessus de la mer de l’Est, ou mer du Japon, tandis qu’en mars, le pays a tiré dix missiles balistiques depuis la région de Sunan vers la même zone.
De premiers missiles dotés d’IA avant l’été
En avril, la Corée du Nord a annoncé avoir testé diverses technologies militaires, dont un missile tactique sol-sol Hwasongpho-11 Ka, avant de lancer en mai plusieurs missiles balistiques à courte portée vers la mer Jaune. Mélange de missiles balistiques tactiques, de roquettes d’artillerie et de missiles de croisière de précision guidés par IA, sous la supervision de Kim Jong-un.
La cadence s’est vite accélérée en septembre. Reuters rapportait alors le tir de deux missiles au large de la côte orientale de la Corée du Nord. Il s’agissait alors d’un deuxième essai en une semaine environ, quelques jours après que Pyongyang a accusé les États-Unis d’attiser les tensions dans la péninsule coréenne par le biais d’une série d’exercices militaires. Près de trois heures après avoir lancé un missile balistique à courte portée vers la mer de l’Est, la Corée du Nord a tiré un missile similaire, selon le ministère de la Défense sud-coréen.
Une quinzaine de jours plus tard, début octobre, Pyongyang a déclaré avoir testé un missile hypersonique sous la supervision du dirigeant Kim Jong Un, dans le cadre d’un exercice visant à démontrer “la fiabilité de sa dissuasion nucléaire”. Selon l’agence de presse officielle, KCNA, le missile a été lancé depuis l’est de la Corée du Nord et a frappé une cible située à environ 1 000 km, dans les eaux au large de la côte est du pays.
Une semaine plus tard, après un tir de missile hypersonique par la Corée du Sud voisine, Séoul a révélé que le gouvernement nord-coréen a réalisé un quatrième tir en un mois avec cette fois-ci plusieurs missiles balistiques depuis les environs de Pyongyang vers la mer de l’Est.
Pyongyang veut renforcer ses capacités navales
Le 17 octobre, Pyongyang a annoncé un énième test cette année. Il s’agit cette fois-ci d’un nouveau système de torpilles doté d’intelligence artificielle. C’est encore une fois l’agence de presse d’État KCNA qui a précisé que l’essai portait sur le système de torpilles Zam-2.0, décrit comme « super rapide et précisément guidé », qui utiliserait l’intelligence artificielle pour la détection et le guidage des cibles.
Le rapport précise que l’essai a permis de vérifier les systèmes de propulsion navale de l’arme. Ce nouveau tir intervient quelques jours après le test de deux types de missiles de croisière stratégiques lancés sous l’eau, dans le cadre de ce qui serait une offensive visant à renforcer ses capacités navales. Les missiles auraient été tirés depuis un sous-marin.
Un mois avant cet essai, qui met l’accent sur l’IA, le dirigeant nord-coréen avait appelé à “améliorer le niveau d’intelligence artificielle des armes offensives et défensives”.
Dans une analyse datant de mars 2026, dans laquelle les ambitions IA de la Corée du Nord sont évoquées, l’Institut international d’études stratégiques (IISS) relève que le 9ᵉ Congrès du Parti avait fixé des ambitions d’intégration de l’IA dans les secteurs civil et militaire sur les cinq prochaines années. Mais “jusqu’à présent, l’utilisation de l’IA par la Corée du Nord s’est concentrée sur de grands modèles de langage accessibles au public”, estime-t-on.
Mais le même article, citant les médias du pays, évoque “des drones de reconnaissance et d’attaque autonomes dotés d’IA” ainsi que des “lance-roquettes multiples guidés intégrant des systèmes de guidage par IA”.
En août, le président américain Donald Trump a déclaré à des journalistes que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un disposait de « 57 armes nucléaires très puissantes”.